Prédication de Jean-Pierre JULIAN

culte de dimanche avec le baptême d'Inès au Temple de Clermont

dimanche avec baptême d'Inès

Ephésien 4 v 1 à 4 et Jean 7 V 37 à 39

Sœurs et frères en Christ,

L’œuvre du Christ Jésus

Si nous sommes réunis ce matin, c’est que nous avons été appelés les uns et les autres. Et Celui qui nous a appelé, et qui chaque matin nous appelle, c’est le Seigneur Jésus, celui qui a été crucifié, qui est mort et qui est ressuscité des morts, qui siège à la droite de Dieu et qui vient bientôt. Nous lui sommes tous redevables de l’œuvre qu’il a accompli sur la croix. Son œuvre se résume ainsi : il nous a réconcilié avec notre Père en prenant notre péché et en se faisant péché, en subissant à notre place le juste jugement de Dieu concernant le péché, c’est à dire la mort. Il a laissé définitivement dans la mort ce péché, cette rupture de relation que nous avions avec Lui, cette désobéissance à Sa Parole de Vie. Grâce à Jésus Christ, notre Seigneur nous sommes donc réconcilié avec notre Père et cela éternellement Sa résurrection d’entre les morts l’atteste. Et parce que Jésus Christ est un Adam céleste qui a revêtu l’Adam terrestre, nous avons été revêtus par Lui. Nous sommes tous membres de son Corps, et nous sommes tous issus de Lui dorénavant. Dit autrement nous lui appartenons, dit encore autrement nous faisons partie de sa grande famille. Dit encore autrement sa famille se nomme l’Humanité dans toute sa diversité.

Membres du Corps de Christ Jésus ?

Toutefois, reconnaissons-le, nous avons quelques difficultés avec cette notion de Corps que développe l’Apôtre Paul dans cette lettre aux Ephésiens. L’Apôtre Paul ici ne fait que décrire la nouvelle réalité spirituelle dans laquelle nous sommes les uns et les autres. Elle se résume ainsi. Avant nous étions séparés du Dieu Un, nous n’étions plus dans une communion profonde et sanctifiante avec Lui. Par contre lorsque la foi est venue en Jésus Christ, tout a changé. En effet, par sa Vie et son Œuvre sur la croix nous sommes dorénavant, grâce à Lui, membres de son Corps. Il nous a inclus dans Son Amour, dans Sa grâce. Nous ne sommes plus séparés du Dieu Un, parce que nous appartenons au Christ Jésus et que nous bénéficions de tout ce qu’Il est, et de tout ce qu’Il vit. Nous sommes donc réconciliés avec notre Père et c’est une excellente nouvelle. Ceci dit, beaucoup d’entre-nous, ne savions même pas que nous étions séparés de Lui, éloigné de Lui. Le souvenir de Son existence, pour certains d’entre-nous, avait même disparue de notre mémoire. Ce n’est plus le cas. Dorénavant, grâce à Jésus Christ nous pouvons cultiver, approfondir cette relation renouée par le Christ avec notre Père. Et la meilleure façon d’entretenir cette relation avec notre Père c’est de lui parler dans notre intériorité, au plus intime de nous-mêmes. C’est là qu’Il nous attend pour que ce déploie avec Lui une relation pleine de confiance, vivante, et paisible.

Un seul ?

Lorsque l’Apôtre nous dit : « Il y a Un seul corps, Un seul esprit, Une seule espérance celle de votre appel, il y a Un seul Seigneur, Une seule foi, Un seul baptême, Un seul Dieu et Père de tous qui est au-dessus de tous par tous et en tous. » L’Apôtre ici ne fait que décrire la réalité spirituelle dans laquelle nous sommes tous. Mais cela mérite quelques explications. L’expression « Un seul », il est vrai, peut-être mal interprétée. Nous pouvons comprendre cela comme un dogme à apprendre par cœur, comme quelque chose d’extérieur à nous. Comme si Dieu était seulement à l’exterieur de nous. Cette notion d’unicité, n’est pas une invention de l’Apôtre Paul, elle s’inscrit dans une histoire qui le précède, celle du peuple d’Israël. En effet, le début de la confession de la foi du peuple d’Israël est : « Ecoute Israël le Seigneur est Un ». Dieu est Un. Il n’y a donc pas d’ambivalence en Lui. Il est Un. C’est-à-dire qu’Il est Justice, Vérité, Amour, Grâce, Sainteté. Il est tout Autre. Il est Un. Et lorsqu’il se révèle en Jésus le Christ, il est toujours Un, c’est-à-dire celui qui est Vérité, grâce, Amour, Justice, Sainteté. Et lorsque nous confessons Jésus Seigneur c’est toujours le Dieu Un. Et lorsque nous disons le nôtre Père, nous nous adressons toujours au Dieu Un. De même lorsque le Saint Esprit agit dans nos vies et dans ce monde c’est toujours le Dieu Un, c’est-à-dire Celui qui est Vérité, grâce, Amour, Justice, Sainteté. De même, lors du baptême de Jésus Christ, lorsque le Père déclare à Jésus : « Celui-ci est mon Fils bien aimé, c’est en Toi que j’ai mis mon bon plaisir », c’est toujours le Dieu Un qui révèle l’intime de son être en tant que Père, Fils et Saint Esprit, puisque lors de ce baptême une colombe symbolisant l’Esprit Saint descend sur le Christ. Dans ce récit nous découvrons donc l’intimité de ce Dieu Un qui se révèle en tant que Père, Fils et Saint Esprit. Cette même intimité est visible dans le premier chapitre du Livre de la Genèse où le Seigneur Dieu dit : « Faisons l’être humain à notre image et à notre ressemblance. » Ces deux récits nous offrent la possibilité de contempler cette intimité du Père, du Fils et du Saint Esprit. Non de la comprendre mais de la contempler.

Revisitons notre propre baptême

Et lorsque Ines a été baptisée, elle est entrée dans cette intimité du Père, du Fils et du Saint Esprit comme tous ceux qui ont été baptisés avant elle. Au fil du temps, au fil de sa vie, elle aura la possibilité de s’adresser à notre Père puisqu’elle est membre du Corps du Christ et que l’Esprit Saint habite en elle. Ce sera sa liberté de s’adresser à Lui. Nous avons été, pour la plupart d’entre-nous, baptisés au Nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. Et nous nous réjouissons lors des cultes lorsque nous baptisons des enfants comme Ines, mais aussi Ruby et Rony, des jeunes comme Axel, et des jeunes adultes comme Eliot et René. C’est une joie pour la communauté. C’est une joie et une sacrée espérance qui s’ouvrent devant nous. Maintenant, je m’adresse à toutes celles et ceux qui ont été baptisés depuis fort longtemps, les parents d’Ines, les grands parents et tous les membres de notre communauté et les amis qui nous font la grâce de participer à toutes nos activités. Nous qui sommes des adultes, qui aimons réfléchir, comment interprétons-nous aujourd’hui cette parole de Jésus notre Seigneur dans l’évangile selon Jean : « Si quelqu’un a soif qu’il vienne à moi et qu’il boive. Celui qui met sa foi en moi des fleuves d’eau vive couleront de son sein.  Il dit cela au sujet de l’Esprit que devaient recevoir ceux qui plaçaient leur foi en Lui. Cette Parole s’adresse à chacun d’entre-nous et c’est une promesse car dit le texte : Il dit cela au sujet de l’Esprit que devaient recevoir ceux qui plaçait leur foi en Lui. Promesse accomplie pour beaucoup d’entre-nous.

Le fruit de l’Esprit Saint dans nos vies

Nous avons été baptisés au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit et nous plaçons notre foi en Jésus notre Seigneur. Donc, comme les deux conditions sont réunies « des fleuves d’eau vive coulent déjà de notre sein. » Ceci dit, cette Parole peut apparaitre encore un peu obscure, elle mérite donc un éclaircissement. A quoi correspond ce fleuve d’eau vive ? Nous avons un début de réponse dans le dernier chapitre du livre de l’Apocalypse. Le rédacteur de ce récit écrit : « Il me montra un fleuve d’eau vive, limpide comme du cristal sortant du trône de Dieu et de l’Agneau… » Ce fleuve d’eau vive signifit une réalité toute simple : nous sommes alimentés par « l’être » même de Dieu, par Sa Vie, Son Amour. Grâce à l’œuvre de l’Agneau sur la croix, nous sommes réconciliés avec la Parole Créatrice, nous sommes donc nourris par Elle. Dit autrement, grâce à cet Esprit Saint en chacun de nous, nous pouvons voir s’épanouir en nous le fruit de l’Esprit Saint : l’Amour selon Dieu, Sa paix, Sa bienveillance, Sa grâce. L’Esprit saint ici est comme un canal de vie irriguant tout notre être de « l’Être » même de Dieu.

L’Esprit Saint

Il y a souvent un grand malentendu autour de cette notion de l’Esprit Saint. Nous sommes habités par plusieurs images que relate les Evangiles et les actes de Apôtres au sujet de l’Esprit Saint. L’Esprit Saint est décrit tantôt comme une colombe qui se pose sur Jésus lors de son Baptême. Cette image annonce que le Christ sera pleinement accompagné par l’Esprit Saint durant tout son ministère. L’Esprit Saint est ici décrit comme étant le bras agissant de Dieu à travers le ministère de Jésus. Mais l’Esprit Saint se manifeste aussi comme des langues de feu qui vont se répandre sur les croyants en Jésus lors de la Pentecôte. Ces langues de feu leurs permettront d’annoncer la bonne nouvelle dans toutes les langues qui étaient connues et pratiquées autour du bassin méditerranéen. La bonne nouvelle de Jésus Christ est offerte ici à toute l’humanité. A ces images, celle de la Colombe, celle des langues de feu s’ajoute celle du canal que nous venons de voir et celle du fruit qui permet à notre humanité d’être traversée par la paix, le pardon, l’Amour, la bienveillance de Dieu. Toutes ces images sont là pour nous rappeler cet agir discret de l’Esprit Saint qui est la Présence du Dieu Un dans nos existences.

La présence du Dieu Un dans nos existences

L’Apôtre Paul, et ce sera ma conclusion, dit cette autre Parole aux Ephésiens : « Un seul Dieu et Père de tous qui est au-dessus de tous, par tous, et, en tous. » Le fait de nommer Dieu comme étant notre Père nous place d’emblée dans une position de Fils, de Filles. Notre esprit, qui parfois cherche à s’élever bien trop haut, doit apprendre à garder son statut de Fils à l’image et à la ressemblance du Christ Jésus, le Fils unique. Mais cet esprit, notre esprit, doit apprendre aussi à se réjouir d’avoir le même Père qui rassemble l’humanité entière en son Nom. Notre esprit découvre ainsi, au fil du temps, ce choix étonnant de notre Dieu que nous soyons, les uns et les autres, coparticipants à l’œuvre de son Amour en témoignant de Jésus Christ, c’est ce que veut dire le « par tous ». Et enfin, cerise sur le gâteau, Ce Père qui est notre Père à tous qui nous permet d’être coparticipant à son œuvre d’Amour a fait le choix aussi d’être « en tous. » Nous bénéficions déjà ici-bas des prémisses de cette réalité par l’habitation de l’Esprit Saint dans ces vases d’agiles que sont nos corps. Mais lors de la résurrection, lors du dernier Jour qui vient, Dieu sera pleinement tout en tous, nous dit la Bible. Alors, une autre Vie, une autre Histoire s’ouvrira devant-nous. En attendant, continuons de témoigner par notre vie, nos actes, nos paroles, de cet Amour qui s’origine en Dieu, qui nous traverse et qui peut dès aujourd’hui toucher les prochains que nous côtoyons. Amen

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