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Prédication de Daniel Lados le 3 mai
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Évangile selon Jean – chapitre 14 – versets 1 à 12
Jésus vient de s’adresser à Pierre : « Tu donneras ta vie pour moi ? En vérité, en vérité, je te le dis, le coq ne chantera pas avant que tu ne m’aies renié trois fois. » Nous sommes à la fin du chapitre précédent et admettons que cette réponse que fait Jésus à Pierre a de quoi troubler.
Chers Frères et Sœurs en Christ, le souper qui réunit Jésus et ses disciples ne peut se terminer sur des révélations quelque peu angoissantes ou culpabilisantes pour ses disciples et donc pour nous-mêmes. Une fois de plus, Jésus ne cherche qu’à nous relever et à nous instruire sur son ministère et sa relation avec le Père. Jésus s’est peut-être rendu compte que ses propos ont pu choquer les disciples et il tient à les rassurer, bien sûr, mais aussi à les préparer aux évènements à venir.
Il faut croire.
« Croyez en Dieu, croyez aussi en moi. »
Tout cela sur la même ligne, dans la même phrase ! Ce croire-là est au-delà du doute.
Il ne faut pas le confondre avec le croire du langage d’aujourd’hui qui est empreint de doute, de « je n’en suis pas sûr ».
« Croyez aussi en moi », c’est pour une confession de Foi.
Cessons de vouloir toujours comprendre, analyser, mettre la vie en équation. Jésus fait appel, au-delà de nos raisonnements, à notre Foi !
Notre Foi, qui est parfois rongée par des doutes, des questionnements, des attentes égoïstes, des interprétations hasardeuses et peut-être même une certaine confusion.
Tout comme ses disciples d’alors, nous le suivons, nous l’écoutons, nous avons entendu et commenté chacune de ses paraboles, chacun de ses actes, de ses miracles et, aujourd’hui, il est là, au milieu de nous et il nous répète, encore et encore : « Croyez en Dieu, croyez aussi en moi. »
C’est pour cela que le cœur ne doit pas se troubler, il doit être limpide telle une eau vive, transparent comme une eau claire, il doit laisser passer la lumière qui s’y trouve de façon qu’elle nous éclaire intérieurement, mais aussi que nous devenions nous-mêmes un luminaire pour les autres.
La maison du Père est un autre mystère. Nous n’en connaissons pas les formes, nous ignorons où elle se trouve et comment y aller. Ce que nous pouvons imaginer, c’est qu’elle est faite de la même éternité et qu’elle est suffisamment vaste pour tous nous accueillir.
C’est avec délicatesse qu’il nous parle de sa mort prochaine, non pas comme une fin, mais comme un voyage vers le Père. Et dans la maison du Père il va nous préparer une place et il reviendra nous chercher, nous informant aussi de sa résurrection. Mais la promesse la plus extraordinaire, c’est la promesse de la vie éternelle en Christ et avec Christ.
Jésus nous offre le Salut, non pas par nos mérites, non pas par nos réalisations, mais simplement parce que nous croyons !
Alors avec cette grâce qui nous est accordée, cette promesse qui nous est donnée, nous sommes encouragés à persévérer dans la connaissance de Jésus-Christ qui, pleinement conscient de nos faiblesses et de nos erreurs, continue à nous faire confiance.
La maison du Père est suffisamment vaste et il n’y a pas de concours d’entrée pas plus que de vigile à la porte.
Ce n’est pas un hall de gare, la place de chacun y est préparée avec soin et Jésus nous y attend. Jésus ne veut pas nous quitter, mais nous accueillir.
Plus qu’une promesse, c’est une certitude ; il vient nous rencontrer dans notre intériorité mais aussi à travers tous les visages qui sont siens, dans un élan du cœur, un élan d’amour. Jésus nous dit à quel point il aime ses disciples, à quel point il nous aime. C’est pour cela que Jésus nous invite à le suivre :
« Vous savez où je vais et vous en savez le chemin »
Et comme Didyme nous nous posons la même question logique : il faut savoir où nous allons pour en déterminer le chemin. Jésus nous a dit où il va, c’est à la maison du Père et nous ne nous sentons pas plus avancés.
Nous sommes comme Thomas, ne sachant où aller, comment y aller, par où commencer, quelle direction prendre, comment ne pas rater ce rendez-vous, car il s’agit bien d’un rendez-vous puisqu’il vient à notre rencontre. Face à nos interrogations, nos hésitations, la question se pose : qui est Jésus-Christ ?
« Je suis le Chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au Père que par moi »
« Je suis ». Cette affirmation est puissante, elle est directe, les yeux dans les yeux. Je suis, c’est l’éternité devant nous qui ne peut se conjuguer qu’au présent. Un « je suis » qui ne peut être affecté ni par le temps ni par la mort. Un « je suis » qui nous fait comprendre que le Père, le Fils et l’Esprit Saint ne font qu’un.
Jésus s’est déjà défini par un « je suis », je suis doux et humble de cœur, je suis rempli de compassion, je suis le pain de vie, je suis la lumière du monde, avant qu’Abraham soit né je suis, je suis la porte des brebis, je suis le bon berger, je suis le fils de Dieu…
Aujourd’hui, devant ses disciples, devant nous, il se définit par trois mots simples, compréhensibles de tous : le chemin, la vérité et la vie.
Le chemin, quoi de plus concret qu’un chemin ? Un chemin n’existe que parce qu’il est emprunté par de nombreuses personnes ; si personne ne l’emprunte, il disparaît dans le paysage. Le chemin et ceux qui l’empruntent sont intimement liés. Ainsi, Jésus affirme sa présence, non pas comme un passage, une porte entrouverte, une autre dimension. Ce n’est pas une métaphore. Il est le chemin, il faut l’arpenter, il nous relie à la terre, il nous met en marche, il nous ouvre à de nouveaux horizons, à de nouvelles perspectives. Il nous fait rejoindre les autres marcheurs de la Foi, comme les cellules vivantes d’un divin Sang convergeant vers le cœur éternel.
Au chapitre huit où Jésus s’adresse aux pharisiens et leur dit : « Si vous demeurez fidèles à ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ; alors vous connaîtrez la vérité et la vérité vous rendra libres ».
Cette vérité-là existe par elle-même, elle est née de la fidélité et nous rend libres. Vérité est la traduction du mot grec « Alètheia ». Cela a un sens beaucoup plus profond que celui que nous lui donnons aujourd’hui. Selon les philosophes grecs, l’Alètheia est une sorte de dévoilement sur ce qui est et non un jugement. L’Alètheia peut être opposé à la « doxa », c’est-à-dire à l’opinion.
Et les opinions que nous érigeons en Vérité sont nombreuses !
Entendu comme cela, nous faisons facilement le lien avec le Verbe, cette Parole incarnée, cette Parole Vérité pour notre humanité. Cela nous relie à ce que nous sommes, à notre nature qui n’est véritable qu’en Christ.
Alors nous voyons bien, surtout dans ces périodes troubles, toute l’importance de rester sur ce chemin de résurrection ! Car cette vie que Christ incarne nous ramène à la Création, à la Genèse, et pas seulement à notre quotidien. C’est bien plus profond, bien plus large, bien plus ancré dans notre intériorité, bien plus essentiel à l’épanouissement de notre être que notre quotidien. C’est la Vie avec un V majuscule. Par cette affirmation nous devons comprendre que Christ n’est pas né avec Jésus, mais qu’il était là bien avant, et qu’il est là bien après, qu’il est évidemment de toute éternité.
Inutile tour de Babel, nous voulons tout réaliser par nous-mêmes, car nous pensons que par notre seule volonté nous pouvons rejoindre le Père. Nous construisons notre temple intérieur, tout comme nos temples de pierre d’ailleurs, sans vraiment comprendre l’importance de cette grâce qui nous est accordée en Jésus-Christ par le Père. La Parole et la chair se sont unies pour créer un pont entre nous et le Père.
Autrement dit, c’est par la connaissance de Jésus que nous connaîtrons le Père. Cette connaissance, plus qu’un savoir intellectuel, plus qu’un savoir que nous pouvons trouver dans les livres, est beaucoup plus profonde, beaucoup plus intime, c’est une connaissance du cœur. Cette connaissance s’appelle : Révélation !
Quatre affirmations pour mettre en nous une telle espérance que, depuis deux mille ans, beaucoup se sont levés et se sont mis en route, quelles que soient les épreuves qu’ils ont rencontrées, les circonstances politiques ou économiques, et parfois même au péril de leur vie. Ils sont nombreux ceux qui nous ont précédés sur ce chemin, que ce soit dans une vie tout à fait ordinaire ou pas. Ils sont nombreux à avoir porté ce flambeau, à avoir témoigné de la présence vivante du Christ, à avoir donné leur voix, leurs mains, leurs pieds à Celui qui nous précède en tout. Maintenant, c’est à notre tour d’être ces porteurs de flambeaux, des faiseurs d’espérance, des femmes et des hommes de compassion, d’amour et de paix face à une humanité désabusée. Soyons rassurés, nous sommes nombreux sur ce chemin. Continuons à avancer dans la paix du Christ, il nous mènera au Père.
Amen.