culte de dimanche 12 juillet 2026
Merci à Florian de présenter si brillamment le culte de dimanche, une randonnée, et plein de bonne idées!
Le texte de Jean-Pierre Julian a été interprété en duo avec Emilie.
La liturgie accompagnée de questions/réponses avec les enfants (Nejma et Joseph ) a apporté un souffle de fraicheur dans nos murs.
Romain 8 v 18 à 27
Nous sommes des créatures dans une création
Sœurs et frères en Christ,
Plus le temps avance, plus nous réalisons les effets du réchauffement climatique. Plus nous réalisons cela et plus nous prenons conscience de notre dépendance à cette création qui nous porte et nous supporte. En effet, nous avons un corps qui a besoin de cet air pour respirer correctement, nous avons besoin d’eau pour nous désaltérer, nous avons besoin de nourriture pour survivre. Tout cela c’est cette création qui nous l’offre. Nous sommes totalement dépendant de cette création pour vivre tout simplement. Cela est tellement évident n’est-ce pas ? Nous sommes totalement liés à cette création. Mais, paradoxalement, notre humanité en créant des mégapoles de plus en plus grandes semble vouloir s’affranchir de cette réalité incontournable. Nos grandes cités nous font perdre le sens des saisons, perdre notre lien avec le vivant dans son ensemble. Nos moyens techniques, de plus en plus performants, tentent de nous faire oublier que nos bras et nos jambes nous ont été donnés pour nous déplacer et réaliser de belles choses. La lune et mars sont devenus les banlieues de nos milliardaires. Nous créons des intelligences génératives pour nous seconder dans nos réflexions, dans nos organisations. Nous créons des machines à penser à notre place. Mais voilà que les canicules de juin et de juillet nous rappellent notre totale dépendance au vivant qui nous englobe. Ceci dit, dans nos médias, nous parlons plus, actuellement, d’adaptation à ce phénomène climatique que de prise de conscience de notre réalité de créature. Si nous sommes à ce point dépendants de cette création, cela devrait nous faire réfléchir sur notre réalité de créature que l’on soit croyant ou incroyant d’ailleurs ! Et, en tant que créature au sein de cette création cela devrait nous pousser à une prise de conscience sur notre responsabilité de créature au sein de cette création puisque nous sommes des créatures qui vivons dans cette création.
Nous avons soumis cette création à la vanité !
Faisons un pas de plus dans cette réflexion que nous propose l’Apôtre Paul. L’Apôtre décrit la création comme un être vivant qui gémit les douleurs de l’enfantement. Ne pensons pas que cela n’est qu’une métaphore de sa part. Il a une lecture Biblique de la Création. Comme c’est le Dieu vivant qui a créé par Sa Parole tout le vivant qui nous entoure, il est donc évident, pour l’Apôtre, selon l’Ecriture, que cette création souffre les douleurs de l’enfantement. La Création pour l’Apôtre Paul est donc à l’image de Son Créateur, elle permet à la vie de se perpétrer. Il en est de même pour nous, nous sommes, nous aussi, à l’image ce Celui qui nous a créé par Sa Parole. Nous sommes porteurs du Vivant, participant du Vivant. Ceci dit pour l’Apôtre Paul, à la différence de beaucoup de nos contemporains, cette création n’est pas indépendante de Celui qui est la Vie, elle est au service de Sa Vie depuis le commencement. De même pour Paul, et pour bon nombre de nos contemporains, notre humanité est à la fois dépendante et responsable de cette création. La vocation première de notre humanité nous dit le livre de la Genèse, c’est de dominer cette création, c’est-à-dire d’en être responsable, d’en prendre soin, de l’Aimer de ce même Amour dont le créateur l’Aime et nous Aime. Nous ne devons jamais perdre de vue que le premier récit de la création nous décrit le Dieu Amour, qui créé tout par Amour et pour l’Amour. Mais, nous devons aussi ne pas perdre de vue, nous rappelle l’Apôtre Paul, en commentant le chapitre 3 de la Genèse que notre humanité, par sa désobéissance au Dieu Amour, a soumis la création à la vanité. Cette soumission à la vanité fait que nous considérons cette création non plus comme un être vivant à respecter mais comme un objet qui va nous rapporter de l’argent ; non plus comme un magnifique tableau du lever du soleil au soleil couchant mais simplement comme un territoire nous appartenant et qui est à conquérir ; non plus comme une espace délicat à entretenir et à respecter mais comme un citron que l’on peut presser jusqu’à la dernière goutte ; non plus comme une ode à la vie qui nous offre la possibilité d’exister sur cette terre mais comme une immense poubelle qui va avaler tous nos déchets plastique dans le sol, dans la mer et dans l’espace. Le constat est terrible mais c’est la réalité. C’est notre humanité et personne d’autres qui a soumis la création à la vanité.
Une Espérance Ferme !
Ceci dit, il y a pour la création et pour tout être humain une Espérance. L’Apôtre Paul nous décrit cette Espérance en deux points. Premier point : La création attend avec une grande impatience la révélation des fils de Dieu. Si nous restons toujours dans la même compréhension biblique de l’Apôtre Paul, les fils de dieux, sont celles et ceux qui ne vivent plus dans la désobéissance mais dans l’obéissance de la foi de Jésus. Et si nous vivons dans cette obéissance de la foi de Jésus notre relation au vivant, au sens très large, change du tout au tout. Les créatures que nous sommes prennent conscience qu’elles sont dans une création vivante. Notre responsabilité est simple : respecter le vivant, en prendre soin. Chaque fois qu’un individu est réveillé par la grâce incroyable du Seigneur Jésus, par le don de Sa vie, par le souffle Saint que nous avons reçu : la création entre dans l’Espérance. Voilà ce que nous annonce l’Apôtre Paul. La création voit enfin son désir comblé car un être humain va la redécouvrir, la découvrir. Cet être humain, avec les yeux décillés, va enfin regarder la création avec le même regard que Celui du Fils unique de Dieu. Cet être humain va enfin accomplir ce pour quoi il a été créé : garder, tel un bon jardinier, le jardin qui l’entoure. Le garder c’est-à-dire le choyer. Et lorsqu’un jardin est choyé par celui qui a la main verte, le jardin lui renvoie son Amour au centuple. Lorsque du vivant rencontre du vivant, ils s’inscrivent tous les deux dans l’Amour de Celui qui est le Vivant par excellence, de Celui qui est l’origine du Vivant, alors la vie s’accomplie. De fait, nous dit l’Apôtre Paul, cette création souffre les douleurs de l’enfantement par ce qu’elle attend avec Espérance d’être gardé par des jardiniers à la main verte, des êtres Vivants qui sont le reflet du Vivant comme elle-même l’est. Deuxième point : Ceci dit, enfanter un être vivant, mesdames, n’est pas une partie de plaisir, me semble-t-il. Paul s’appuie donc sur cette réalité charnelle pour nous annoncer que nous, femmes et hommes, qui avons reçu le souffle Saint du Dieu vivant, nous gémissons comme cette création qui gémit et souffre les douleurs de l’enfantement. Ce nous, c’est l’Eglise, la communauté rassemblée autour de son Seigneur. Elle aussi, souffre les douleurs de l’enfantement pour permettre à un individu de découvrir la foi de Jésus et de vivre par la foi en Jésus. Nous sommes, d’une manière étonnante, nous, les créatures qui avons reçu le Souffle Saint, nous, qui sommes devenus des Fils de Dieu ; nous sommes en corrélation, en harmonie, en solidarité avec cette création. Elle gémit les douleurs de l’enfantement pour accueillir des fils de Dieu, femmes et hommes que nous sommes. Nous gémissons aussi en osant dire à nos contemporains : « soyez, au nom du Christ, réconcilié avec le Dieu de la Vie, notre Père ». En effet, l’Apôtre nous fait découvrir ici notre lien profond avec cette création qui nous porte et nous supporte. Nous gémissons, nous aussi, nous dit l’Apôtre Paul comme la création. La création, elle, elle gémit dans cette belle Espérance que naissent des témoins de Christ. Il en est de même pour nous et c’est notre vocation d’Eglise, d’engendrer et d’enfanter des fils de Dieu, même si nous avons perdu cette urgence-là. La vocation reste. Nous gémissons, animé que nous sommes par la même Espérance de cette création qui nous porte et nous supporte. Car notre Espérance d’Eglise est que notre humanité réalise enfin qu’elle a été réconciliée avec le Dieu de la Vie par Son Christ qui a donné Sa vie pour que nous vivions de Sa Vie. Et ce gémissement du plus profond de notre être n’est pas tourné vers le passé, ni vers la souffrance présente de quelque ordre soit-elle, ni vers nous-mêmes. Non, notre gémissement est tourné vers Celui qui est, vers Celui qui vient. Il est tourné vers le crucifié/réveillé des morts, car ce gémissement vient de Lui, s’origine en lui notre Seigneur et Sauveur, qui sur la croix à pousser un grand cri, un cri de délivrance pour notre humanité et pour toute la création. Ce cri de délivrance, résonne dans tout l’univers crée, il brise toutes les murailles qui empêchent Son Amour de résider en chacun de nous. Car celui qui est Vie est venue au plus intime de nous-mêmes manifester Sa vie afin que nous vivions de Sa Vie. Les prémisses de l’Esprit Saint nous dit l’Apôtre Paul, sont les signes réels dans nos propres vies de cette Paix, de cette Joie, de cet Amour qui vient de Dieu seul et qui s’épanouit en nous par Son Souffle Saint.
C’est en Espérance que nous avons été sauvé nous rappelle l’Apôtre Paul.
Sœurs et frères en Christ, l’Espérance chrétienne est une Espérance ferme. C’est-à-dire que le Salut, notre sauvetage a déjà été réalisé par le Christ Jésus. Nous vivons dans le temps de la grâce surabondante et nous avons été choisi pour être les témoins de ce salut réalisé. Vivre cela par la seule foi en Jésus, voilà ce qui nous est demandé. Ceci dit, n’oublions pas que pour l’Apôtre Paul cette notion d’Espérance ferme est très concrète. Tellement concrète qu’il attend « l’adoption, la rédemption, la délivrance de notre corps ». Comment entendons-nous et comprenons-nous cette Espérance ferme et concrète ? Nous attendons, paradoxalement, ce qui a été déjà réalisé par Dieu en Son Christ. Sur la croix, Il nous a déjà délivré du pouvoir des ténèbres, Il nous a déjà transporté dans le royaume de Son Fils bien aimé. Nous sommes déjà par la seule foi en Christ Jésus, membre de son corps. Nous sommes, déjà, des fils et des filles adoptés en Espérance, et, notre corps est, déjà, délivré de la mort, du péché et de la Loi de Moïse. C’est une Espérance ferme et c’est un acte de foi tout aussi ferme qui nous est demandé pas plus, pas moins. Lorsque nous plaçons notre foi en Jésus nous sommes Un avec la foi de Jésus, le crucifié/réveillé des morts. Alors nous réalisons que nous vivons déjà dans cette nouveauté de vie en Christ avec l’aide du Saint Esprit qui nous a été offert gracieusement par le Christ Jésus. Nous connaissons donc déjà notre futur. Notre futur sera une communion encore plus profonde et étonnante avec le Dieu Amour, le Dieu Vie. Ce qui nous attends c’est donc la pleine réalisation de cette adoption, la pleine réalisation de la délivrance de notre corps. Et cette bonne nouvelle n’est pas que pour nous mais pour tout être vivant qui fait partie de cette création. Connaitre ce futur, cette Espérance ferme, nous offre donc la possibilité de voir au de-là de la mort. Et si nous pouvons voir au-delà de la mort c’est parce que nous vivons en Christ Jésus, le crucifié/ressuscité des morts. Vivre dans cette Espérance c’est déjà être habité par la paix, l’Amour et la joie du Christ Jésus, le Vivant. Amen.