Prédication de Jean-Pierre JULIAN

culte du 20 septembre au temple de Clermont l'Hérault

Prédication de 20 septembre

Matthieu 18 v 23 à 35

La Parabole révèle les profondeurs de notre cœur.

Sœurs et frère en Christ, Le principe d’une parabole c’est de nous aider à aller plus en profondeur dans notre compréhension de la bonne nouvelle de Jésus Christ. Nous ne sommes pas là pour nous identifier aux personnages qui nous sont décrit. Ce qui veut dire que notre esprit de jugement doit être mis en repos. Nous ne sommes pas là pour juger de la sévérité ou de la générosité de ce roi. Nous ne sommes pas là pour juger d’une manière positive ou négative les différents esclaves qui s’approchent du roi, ni des compagnons de l’un d’eux. « Nous sommes là pour nous placer devant le Dieu Un, le Dieu Saint, le Dieu tout Autre. Le Dieu qui ne pense pas comme nous et n’agit pas comme nous. Le Dieu qui nous invite, au fil du temps, à penser comme Lui et à agir comme Lui agit. » Dans cette parabole ce sont donc les profondeurs de notre cœur ainsi que celles du Seigneur Jésus qui nous sont dévoilées.

La prise de conscience du péché et la demande

Reprenons le récit pas à pas. L’esclave lorsque qu’il est conduit auprès du roi, se doute bien que le poteau rose à été trouvé. Il sait très bien qu’il a truandé le roi. Il s’attend donc à une sentence. Il ne sait pas encore qu’elle sera le contenu de la sentence. Il connait le montant de son forfait : 1000 talents soit l’équivalent de 20 000 ans de salaire. La sentence tombe : il est vendu lui et sa famille comme esclave à un autre. Il perd tout ici. La protection de ce roi, la dignité dans sa propre famille qui sera vendu. A l’écoute de la sentence, il se prosterne devant le Seigneur, geste qu’il n’avait pas accompli lorsqu’il s’est présenté devant le roi. Le geste est fort et tout en se prosternant, Il dit : « prend patience envers moi et je te rembourserai tout. » Nous pouvons dire ici qu’il y a une véritable prise de conscience. Et ce geste d’humilité de se prosterner tout en demandant la patience au Seigneur, entraine une réaction étonnante : Le Seigneur fut « ému aux entrailles ». La parole et le geste de cet esclave l’ont donc touché. Alors Le seigneur, dit le texte, le délia et lui remis sa dette. Retenons de ce passage qu’il est recommandé d’être sincère devant Son Seigneur afin d’être délié de ce qui nous lie lorsque nous nous approchons de Lui pour lui confesser notre péché. Mais ce n’est pas tout.

Nous sommes déliés de toutes nos idoles

Le Seigneur le délia. Il le délia de quoi ? Il le délia d’un péché. Le péché d’avoir volé son roi en toute impunité. Être délié dans la Bible, c’est ne plus être lié à ce qui nous tiens captifs. Et ce qui nous tiens captif c’est le péché. Le péché c’est ce qui nous sépare de la communion avec le Seigneur de la Vie. Être délié s’est retrouver la communion que nous avions perdu. C’est être à nouveau relié à la Vie. L’esclave avait donc perdu cette communion, il s’était lié à l’accumulation des talents. Ici les talents lorsqu’ils perdent leur principale fonction dans la société civile, être seulement un moyen d’échange entre deux individus, deviennent plus que ce qu’ils devraient être. Les talents deviennent idole. Et lorsque les talents, l’argent dirions-nous aujourd’hui, devient une idole, l’individu qui les possède ne vit que pour l’idole. Lorsque le Seigneur le délia de cette idole argent, Il lui remit aussi sa dette. Il y deux actes ici. Le Seigneur le délia de l’idole argent et il lui remit sa dette. Le récit nous place devant deux actes indissociables du Seigneur, celui de délier et celui d’effacer la dette astronomique de l’esclave. « Je rappelle que cette parabole est là pour nous placer devant le Dieu Un, le Dieu Saint, le Dieu tout Autre. Le Dieu qui ne pense pas comme nous et n’agit pas comme nous. Le Dieu qui nous invite, au fil du temps, à penser comme Lui et à agir comme Lui agit. C’est-à-dire agir en Christ Jésus. »

Vivre de la miséricorde reçue ou pas ?

Voilà donc un esclave délié de l’idole argent, et totalement libéré d’une dette astronomique. Il rencontre un co-esclave, littéralement en grec, c’est-à-dire un esclave qui est sous son autorité. Il le croise, le saisi, l’étrangle même et lui demande de restituer illico-presto les 400 deniers qu’il lui doit : soit un très bon salaire d’une journée, 400 euros environs. La parabole use de finesse ici car elle met dans la bouche de ce co-esclave la même parole que celle que l’esclave venait d’adresser au Seigneur : « prend patience envers moi et je te rembourserai tout. » Cette parole aurait du toucher le cœur de l’esclave en chef comme elle a touché le cœur miséricordieux du Seigneur. Il n’en sera rien. Après la violence contre le co-esclave, l’esclave en chef le condamne et le met en prison. Voila un esclave en chef qui a été délié de l’idole argent mais qui use de violence envers celui qui est sous son autorité. Cet esclave a pourtant été délié de l’idole argent, mais, manifestement, il ne s’est pas lié à la miséricorde de Celui qui l’a délié. La suite du récit est limpide. Le Seigneur littéralement le convoque à nouveau et lui dit : « Mauvais esclaves, je t’avais remis toute cette dette parce que tu m’en avais supplié. Ne devais-tu pas avoir pitié de ton compagnon comme moi-même j’ai eu pitié de toi ? » Avoir pitié de quelqu’un peut être mal interprété aujourd’hui. Cela peut apparaitre fort condescendant et moralisant. Cela peut aussi être considéré comme un aveu de faiblesse. L’expression « avoir pitié » est donc délicate. Je la remplace par cette autre expression « avoir nos entrailles de miséricorde tourneboulées ». Cette expression me semble plus proche de la réalité. Le Seigneur a eu ces entrailles de miséricorde tourneboulées lorsque l’esclave lui a exprimé son désespoir en se prosternant. Et ce Seigneur de toute miséricorde attendait de son esclave tout simplement qu’il imite Sa manière d’être, ou du moins qu’il s’en inspire. Celui qui délie est miséricorde. Celui qui a été délié par la miséricorde est appelé à délié par cette même miséricorde qu’il lui a été offerte. L’esclave ne s’est pas lié à la miséricorde de Celui qui l’a délié. Je rappelle que cette parabole est là pour nous placer devant le Dieu Un, le Dieu Saint, le Dieu tout Autre. Le Dieu qui ne pense pas comme nous et n’agit pas comme nous. Le Dieu qui nous invite, au fil du temps, à penser comme Lui et à agir comme Lui agit. C’est à dire agir en Christ Jésus et par l’Esprit Saint. »

Pardonner du fond du cœur, remettre la dette du fond du cœur. Une question ?

La parabole se termine donc sur un impératif. Nous devons remettre la dette, nous devons pardonner du fond de notre cœur au frère, à la sœur. Nous sommes ici devant une vraie difficulté. Combien de fois n’ai-je pas entendu dans mes 31 années de ministères cette parole : « Pasteur, je ne puis pas pardonner à cette personne, c’est au-delà de mes forces. Le mal reçu est trop profond ». Et à chaque-fois, je suis resté sans voix. Que dire ? Qui suis-je pour encourager la personne à pardonner si elle n’y arrive pas ou ne veux pas ? Aujourd’hui, il me semble possible de traiter cette question délicate d’une autre façon, d’une façon plus spirituelle et théologique.

La notion « du péché » dans la Bible n’est plus comprise aujourd’hui. Le terme péché au singulier n’a rien à voir avec la morale, avec le bien ou le mal. Le péché dans le chapitre 3 de la Genèse et dans les récits de la Passion de la nouvelle alliance décrivent une humanité qui abandonne, trahit et renie la Parole créatrice. Le péché indique donc une rupture de relation, une coupure radicale entre la Parole Créatrice et notre parole de créature. Il y a donc eu une rupture de relation avec le Père parce que notre humanité a donnée foi à une autre parole qu’à celle de la Parole créatrice. Notre humanité a donc donné foi à la parole d’une créature, celle du serpent qui parle, celle de la femme, et enfin la nôtre car nous donnons foi à notre parole ou à ceux qui nous ressemblent. Le Péché se situe donc ici dans cette coupure relationnelle. Notre dette envers notre Père est incommensurable en réalité. Aujourd’hui, depuis la venue de Jésus Christ nous savons que cette coupure relationnelle n’est plus, car Jésus Christ, Parole créatrice faite chair, nous a réconcilié avec le Père par l’œuvre qu’Il a accompli sur la croix. Il n’y a donc plus aucun différent entre Dieu notre Père et nous. Notre dette n’existe plus. Son pardon, Sa grâce, Sa miséricorde est première dorénavant. Il nous offre par pure grâce, par pur Amour, par pure miséricorde Sa communion, Sa Vie, puisque nous vivons dans Sa Parole faite chair, dans cette Chair crucifié/ réveillé de la mort qui siège à la droite de Dieu et qui Vient. Que Son Nom soit béni !

Plus nous approfondissons spirituellement l’œuvre du Christ Jésus sur la croix, plus nous découvrons la profondeur de notre péché C’est à dire l’esclavage dans lequel nous vivions et nous vivons. Et même temps, nous apprenons à vivre de Sa seule Parole de grâce révélée à la croix. Ce que je puis dire aujourd’hui à celles et ceux qui ne peuvent pas, ou ne veulent pas remettre la dette, pardonner à celle ou celui qui à péché contre elle ou lui : « Sœur et frère en Christ, plonge en toi-même et va à la rencontre du Fils qui est en toi, va à la rencontre de Celui qui non seulement a pris ton péché, mais à subit à ta place aussi le juste jugement concernant le péché c’est-à-dire la dire la mort. Va à la rencontre de ton Sauveur et de ton Seigneur qui te donne Sa vie afin que Sa Vie se déploie dans ton corps qui est le temple de Sa présence. Sœur et frère en Christ Plonge encore plus profondément en toi-même et voit de quelle manière la Vie de Celui qui est réveillée des morts est un fleuve d’eau vive dans ton cœur. Ce fleuve te remplit et abreuve te fait être et en t’abreuvant te renouvelle pour déborder et rejoindre tes sœurs et frères en Christ et tout être humain qui croise ton chemin. »

Je le redis ; Celui qui délie est miséricorde. Celui qui a été délié par la miséricorde est appelé à délié par cette même miséricorde qu’il lui a été offerte. Il nous appartient de nous lier à la miséricorde offerte de Celui qui nous a délié. Je rappelle, et ce sera ma conclusion : cette parabole est là pour nous placer devant le Dieu Un, le Dieu Saint, le Dieu tout Autre. Le Dieu qui ne pense pas comme nous et n’agit pas comme nous. Le Dieu qui nous invite, au fil du temps, à penser comme Lui et à agir comme Lui agit. C’est à dire Agir en Christ Jésus par l’Esprit Saint et Devant Dieu notre Père. »

Amen.

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