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Prédication de Daniel LADOS
Partage
au temple de Clermont
culte de dimanche
Matthieu 17 1-9
La transfiguration
Ne parlez à personne de cette vision jusqu’à ce que le fils de l’homme soit ressuscité des morts. Ce matin Jésus nous emmène prier, nous prend à part, nous guide au plus près des Cieux. Il nous emmène, nous ses disciples pour faire de nous des prophètes. Des prophètes qui devront annoncer que le Fils de l’homme a vaincu la mort, que le fils de l’homme est ressuscité.
Cher frères et sœurs en Christ, six jours après que Jésus leur ait clairement annoncé son identité à savoir ce que Pierre exprime, voir prophétise car c’est l’Éternel qui met ces mots dans sa bouche : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ».
Six jours après que Jésus leur annonce son départ pour Jérusalem, l’arrestation, la souffrance qui lui sera faite par les sacrificateurs, la croix, la mort sur la croix et trois jours plus tard la résurrection.
Six jours pour comprendre ces terribles révélations, les assimiler en quelque sorte.
Le septième jours est un jour béni de Dieu, c’est un jour Saint. Le septième jour c’est le Sabbat, un jour consacré à l’Éternel. Alors pourquoi ne pas partir à sa rencontre sur une haute montagne mais aussi au plus profond de nous même…
Suivons le donc et mettons nous à l’écart avec Pierre et les deux fils de Zébédée, Jean et Jacques, parmi ses premiers disciples.
C’est aussi sur une haute montagne que le diable transportera Jésus pour lui montrer tous les royaumes du monde et lui faire cette proposition : « Je te donnerai tout cela, si tu te prosternes pour m’adorer. »
Aussi sur la même montagne, sur le même chemin on peut rencontrer la tentation mais aussi vivre la révélation. C’est à dire que quelque soit le chemin de vie que nous ayons nous croiserons la tentation et nous pourrons vivre la révélation et c’est peut-être là que notre liberté s’exprime le mieux.
Mais là Jésus va être transfiguré ! Il ne se transfigure pas tout seul comme dans un tour de passe-passe.
Il y a une intervention. une intervention qui vient de l’intérieur comme si ce qui est au dedans, au plus précieux de l’être débordait vers l’extérieur allant jusqu’à modifier l’apparence du corps et des vêtements qui le couvrent.
Il y a une intervention qui vient de l’extérieur, plus précisément de notre regard sur Jésus qui est en train de changer.
La terre et les cieux s’entremêlent, le Christ en Jésus nous apparaît.
Moïse et Élie sont de la partie. Je ne sais pas si nous sommes toujours sur la montagne mais ceux là, c’est clair, ils appartiennent au royaume des cieux ! Et si Jésus s’entretient avec eux, c’est que lui aussi appartient au royaume des cieux !
Le Christ entre la loi et les prophètes !
Le Christ qui s’entretient avec Moïse et Élie sans artifice, sans fioriture, où la parole de chacun prend sa place dans ce moment, où le temps n’a pas sa place.
Pierre s’invite dans la discussion, il faut bien que les hommes reprennent la main, qu’ils gèrent le Divin et l’espace qu’il occupe !
C’est Souccot, plantons les tentes, faisons la fête, faisons que ce moment dure le plus longtemps possible.
Mais attention chacun à sa place, Moïse dans une tente, Élie dans une autre et Jésus dans une troisième. On ne va pas tout mélanger. La loi c’est la loi et les prophètes prophétisent. Quand à Jésus, est-il bon qu’il fréquente les deux autres ? Ne serait ce pas un trouble à l’ordre public.
De tous temps nous voulons diriger, organiser, planifier et mettre le Père à la place que nous lui avons assigné. Il nous donne la liberté, mais nous, nous voulons prendre la sienne.
Nous l’enfermons dans nos livres, nos cérémonies, nos rituels, nos prières mais Jésus ne répond pas.
La réponse vient d’une nuée lumineuse :
« Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute mon affection: Écoutez-le !
Celui-ci est mon fils bien-aimé ! C’est le Père qui parle, notre Père ? Il avait déjà dit cela lors du baptême de Jésus par Jean-Baptiste.
Si il le répète, c’est qu’il craint que nous ayons pas entendu ou alors que nous n’ayons pas compris. Jésus aussi a un disciple bien-aimé ! Et justement c’est celui qui écoute, qui obéit, qui fait confiance.
Alors quand il nous dit qu’il a mit toute son affection en Jésus Christ, il nous parle d’amour, d’héritage, de transmission. Ce n’est pas une figure de style, c’est du concret. Jésus est né sur la paille, son héritage est l’amour du Père. Cela doit nous parler et nous interpeller sur ce que nous transmettons à nos enfants.
Nous pouvons passer toute une vie d’un dur labeur à construire un héritage matériel que nous leur transmettons avec nos peurs, nos préjugés, notre passion de la possession, notre frénésie de la consommation, notre dévotion à l’argent, nos colères, notre violence. Tout cela n’est pas à la ressemblance du père !
Écoutez le ! Nous dit-il
Cessons nos bavardages : écoutons le !
Cessons de remplir l’espace, le temps, de nos paroles inutiles : Écoutez le !
Écoutons le avec nos main, celles qui partagent le pain et le vin, celles qui relèvent le pauvre, le malheureux, le désespéré, celles qui se tendent pour enlacer, celles qui parlent aux sourds.
Écoutez le !
Écoutons le avec les pieds, ceux qui nous emmènent sur les chemins, ceux qui nous font sauter de joie, ceux qui nous font danser jusqu’au bout de la nuit, ceux qui nous tiennent debout.
Écoutez le !
Écoutons le avec les yeux, ceux qui nous font voir au-delà des apparences, ceux qui nous font voir la souffrance, la détresse, le besoin d’amour de ceux qui en sont privé. Ceux qui nous montrent celui qui est en chacun de nous.
Écoutez le !
Écoutons le avec le cœur, celui qui sait se mettre à l’unisson, celui qui s’ouvre pour mieux accueillir l’autre, celui qui bat pour une vie sans cesse renouvelée. Ce cœur qui est le sanctuaire, le jardin dans lequel le Père, le fils et l’Esprit Saint veut s’installer.
Quand le Père se manifeste, nous prenons peur, et comme des enfants, nous nous cachons face contre terre en pensant que si nous ne le voyons pas, il ne nous verra pas. Nous nous comportons comme des enfants qui ne veulent pas grandir !
Pourtant le Père s’adresse à nous depuis une nuée avec des Paroles bienveillantes et nous avons peur. Nous avons peur car nous voulons voir le Père comme un Père, chef des armées, conquérant impitoyable, un Père jaloux, possessif et colérique !
Nous ne voulons pas grandir, nous ne voulons pas être responsable, nous faisons des promesses que nous ne tenons pas.
Nous préférons louer, chanter, prier pour tout et pour rien, nous plaçant dans une forme de contemplation laissant au Père le soin de régler tous nos problèmes.
Lorsque Jésus s’exprime enfin c’est pour donner une parole d’apaisement en montrant son affection par un simple geste :
« N’ayez pas peur ! » dit-il en les touchant.
Le cours est terminé, l’enseignement est transmis. C’était pour eux et c’est pour nous. Nous pouvons redescendre ou remonter, comme nous voulons.
« Ne parlez à personne de cette vision, jusqu’à ce que le Fils de l’homme soit ressuscité des morts. » nous ordonne t-il ! Pierre, Jacques et Jean ont du suivre cette consigne, mais nous, nous devons comprendre que le sens de cette vision doit être entendu et compris par tous !
Il est ressuscité depuis presque 2 000 ans !
Il est temps d’en parler !
On pourrait résumer cela par ces mots de Jésus-Christ : « je suis le chemin, et la vérité, et la vie; nul ne vient au Père que par moi. »
Cette métamorphose de Jésus, ça peut être la notre. Ce Royaume entrevu, il est là il nous attend. Soyons adultes, cessons de jouer à cache-cache avec le Père. Agissons comme le Père voudrait que nous agissions.
Soyons porteurs de cette Trinité à laquelle nous rendons grâce.
Soyons des prophètes et annonçons dans tous les espaces de notre vie que le Christ a vaincu la mort et qu’il est ressuscité.
Annonçons ce Royaume qui est là et qui est à venir.
Amen