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Prédication de Jean-Pierre JULIAN du 4 octobre 2026
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Pour la première fois, le pasteur-stagiaire Alexandre Luquete a présenté une liturgie avec Jean-Pierre Julian.
Bienvenu à lui et sa famille dans notre paroisse !
Matthieu 21 v 28 à 32
Trois raisons qui rendent les textes bibliques obscurs
Sœurs et frères en Christ, pourquoi lorsque nous lisons ce passage pour la première fois nous avons quelques difficultés à en saisir la portée, la pertinence ? Nous entendons le texte mais celui-ci reste obscur. Souvent les textes bibliques sont obscurs pour trois raisons principales. Premièrement : celui qui rassemble les paroles du Christ et qui les mets forme, ici l’évangéliste Matthieu, a été un témoin proche du Crucifié/ réveillé de la mort. Il parle du lieu où le christ Jésus l’a rencontré c’est-à-dire avant et après la croix. Celui qui s’est révélé à lui et à d’autres c’est donc le crucifié/réveillé de la mort. Le récit qu’il nous propose est là pour nous « catéchiser » c’est-à-dire pour que la Parole, celle du Christ, résonne en nous afin qu’Elle croisse en nous. Deuxièmement : nous devons bien saisir à qui s’adresse le Christ dans ce passage : Il s’adresse ici aux grands prêtres et aux anciens. Il dit cette parole dans le temple devant des religieux qui se demandent de quelle autorité fait-il cela. Qui lui a donné cette autorité ? Troisièmement : Si nous n’avons pas encore intégré que le Christ, dans les évangiles est réellement La Parole créatrice faite chair, nous passons à côté d’une juste compréhension de toutes ses paroles. Jésus pour l’Evangéliste Matthieu est le Seigneur au sens fort du terme. Chaque fois que le Christ ouvre la bouche ou accompli un acte, c’est, aux yeux de Matthieu, et j’espère aux nôtres, une révélation du Seigneur au sens fort du terme. Ainsi, toute Parole et tout acte accompli par le Seigneur Jésus est là pour notre édification.
Un seul Juge : Le Christ Jésus
Jésus s’adresse donc ici aux religieux et aux anciens de son époque à tous les religieux et tous les anciens de toutes les générations. Aujourd’hui nous dirions, les pasteurs, les prêtres, les popes et les anciens. Donc nous tous ! En ce qui concerne les religieux donc les pasteurs, nous sommes, en principe, des appelés du Seigneur Jésus. Ce qui sous-entend que nous lui reconnaissons Sa pleine et entière autorité en tant que Parole faite chair. Si nous réagissions comme le font les grands prêtes dans cet évangile, cela indiquerait que nous serions en totale disharmonie avec la Parole, en opposition même avec Celle-ci. D’où la double réponse de Jésus sur la parabole des deux fils. Les deux Fils symbolisent notre humanité dans sa complexité. Le premier fils qui entend la parole refuse d’obéir puis se repend nous dit le texte, c’est-à-dire qu’il change de direction, il se retourne, et va travailler aux champs. Le second dit oui Seigneur mais ne le fait pas. Les religieux répondent correctement à la question de Jésus : « Qui a fait la volonté du Père ? Le premier ! » Répondent-ils avec les anciens et moi avec eux. Puis vient la réponse de Jésus qui est pleine de saveur et d’espérance pour tout le monde. Il leur dit, il me dit : « Les collecteurs d’impôts et les prostitués te devancent, te précèdent dans le royaume des cieux. » Sœurs et frères en Christ, celles et ceux que nous avons tendances à mépriser, à dévaloriser, à juger les voilà en première ligne pour entrer en premier dans le royaume des cieux. Les grands prêtres et les anciens, et peut être nous ici, pouvons être choqué par cette parole de Jésus. Ils respectent la loi de Moïse et nous avec eux. Nous respectons les dix commandements. Mais peut être devons-nous aller plus en profondeur, en nous-mêmes dans notre cœur, et, découvrir ce que l’Esprit Saint révèle ici par cette Parole de Jésus ? Jugeons-nous trop rapidement ce collecteur d’impôt au service de l’envahisseur Romains ? Peut-être jugeons nous aussi trop rapidement cette prostituée qui fait tourner la tête aux hommes mariés ? Pourquoi jugeons-nous ? Qui nous a établi juge de notre prochain ? Ma position sociale, l’injustice que j’ai subie, ma haute moralité me donnent-t-elles le droit de juger qui que ce soit ? De qui ai-je reçus cette autorité de juger mon prochain et ainsi de me croire supérieur à lui, à elle, sur tel ou tel point ? Le seul qui a autorité de nous juger c’est le Christ Jésus. Lui qui a subi le juste jugement de Dieu concernant notre péché sur la croix. Ce récit l’air de rien nous encourage à revoir notre façon de penser et surtout de juger. Ce récit nous invite à un changement de paradigme.
La justice de Dieu
A deux reprises dans cette parabole le terme Métanoia (se repentir, se retourner, changer de direction) est lié avec un verbe d’action différent « le fils se retourna, se repenti et y alla ». Puis un peu plus loin le texte nous décrit des religieux et des anciens qui ont vu les collecteurs d’impôts et les prostituées changer de point de vue, se repentir, se retourner vers la Parole de Vie et changer de vie. Les religieux et les anciens n’ont pas été touché par ce changement de vie. Ils n’y ont pas cru, ils ne se sont pas retournés à leur tour vers la Parole de Vie pour vivre de cette Parole, dans cette Parole, pour cette Parole, comme les collecteurs d’impôts et les prostitués. Les collecteurs d’impôts et les prostituées les précèdent donc dans le royaume des cieux. Ils n’en sont pas exclus pour autant. Première remarque : Lorsque la Parole de vie nous rencontre, même si nous la rejetons, si nous la fuyons comme le prophète Jonas, cette Parole chemine en nous et, malgré nous, entraine un changement intérieur. La Parole de vie lorsqu’elle nous rencontre et que nous l’accueillons ne revient pas à Dieu sans fruit, soyons-en convaincu, car Elle est Parole créatrice, Parole de Vie ne l’oublions pas. Deuxième remarque : Pourquoi les collecteurs d’impôts et les prostitués précèdent-ils les grands prêtres et les anciens dans le royaume des cieux ? Tout simplement parce que les grands prêtres et les anciens n’ont pas mis leurs foi, leurs confiances, leurs fidélités dans le chemin de justice que Jean le baptiste leur indiquait. Ils ont mis leur foi seulement en eux-mêmes, en leurs propres compréhensions de ce qu’est la justice selon Dieu. La justice selon Dieu c’est le Crucifié/réveillé de la mort siégeant à la droite de Dieu. C’est la seule et véritable justice. Troisième remarque : Jésus est donc la seule justice de Dieu. Seule cette justice nous protège de toute accusation. Et lors de la cène, de ce repas eucharistique que nous allons prendre ensemble ce matin, soyons convaincu que le Christ Jésus lui-même nous nourrit de Sa vie par ce pain que nous mangerons et nous protège tout autant de toute accusation dans cette nouvelle alliance en Lui et par Lui par ce jus de raisin et ce vin que nous boirons. Nous vivons sous son autorité.
L’autorité
Les anciens et les grands prêtres, dans le passage qui précède cette parabole, s’adressent à Jésus et lui demande : De qu’elle autorité fais-tu cela ? Qui t’a donné cette autorité ? En posant cette question à Jésus, ils lui rappellent, l’air de rien, que c’est eux les donneurs d’autorités par leurs fonctions de grand prêtre et d’anciens. Admirer la situation. Lorsque l’Eglise se sent légitime dans ses apparats, lorsqu’elle estime que, par elle-même, elle peut dire à la société ce qui est bien, ce qui est mal. Lorsque, fort de son autorité savante, elle va déclarer que ceux-là sont des hérétiques, ceux-là des frères séparés, est-elle encore Eglise ? L’Eglise, de quelque dénomination soit-elle, lorsqu’elle devient un corps sans tête, elle court comme un canard sans tête et se fracasse le cou contre le mur. Les grands prêtres et les anciens ne reconnaissent pas en Jésus leur Seigneur et leur Dieu. Alors qu’ils ont devant eux la Parole créatrice faite chair. Ils sont donc à la tête d’une assemblée sans tête, car ils pensent au fond d’eux même être la tête. Et nous ? Lorsque nous lisons et interprétons la Bible, nous prenons-nous pour la tête ou sommes-nous éclairés par la Tête ? Lorsque nous lisons, par exemple, le premier chapitre de la Genèse et que nous entendons que c’est la Parole de Dieu qui donne existence à tout le créé et que nous sommes, nous aussi, issues de cette Parole créatrice, donc que nous dépendons totalement de cette Parole, donc nous sommes un fruit de cette Parole, donc nous sommes, nous aussi, pleinement inclus dans l’univers de cette Parole. Reconnaissons-nous la souveraineté pleine et entière de cette Parole dans nos vies ? C’est Elle la Tête et nous le corps de cette Tête puisque nous sommes depuis Sa victoire sur le péché et sur la mort en Christ Jésus. Lorsque nous entendons dans l’Evangile selon Jean que cette Parole de qui toutes choses viennent, par qui toutes choses sont et vers où toutes choses vont, s’est faite chair grâce à une jeune femme Marie qui a accueilli cette Parole. Entendons-nous vraiment que cette Parole faite chair c’est le Christ, le choisi de Dieu, le fils Unique de Dieu, le Fils de l’homme, celui qui représente toute l’humanité, le Seigneur Lui-Même ? Le reconnaissons-nous pleinement comme Seigneur de notre vie au sens fort du mot ? C’est Lui la Tête et nous le corps de cette Tête puisque nous sommes, depuis Sa victoire sur le péché et sur la mort, en Christ Jésus. Lorsque nous voyons dans les évangiles sur la croix ce fils de l’homme souffrant, entendons-nous et comprenons-nous qu’il est venu mettre un terme à cette humanité séparée de Dieu, cette humanité désobéissante à la Parole de Vie, rebelle à la volonté de Dieu, captives aussi de cet adversaire qui par jalousie cherche à nous séparer de la Parole de Vie, du prochain et de nous-mêmes. Reconnaissons-nous la pleine autorité du Seigneur Jésus qui nous délivre, nous sauve, nous donne Sa grâce sur cette croix et de par son Réveil de la mort ? C’est Lui qui s’est fait péché et qui a vaincu la mort et nous sommes depuis lors les membres de Son corps, nouvelles créatures en Lui et pleinement alimentés, renouvelés par le souffle Saint de Sa vie. C’est Lui la Tête et nous le corps de cette Tête puisque nous sommes depuis sa victoire sur le péché et sur la mort en Christ Jésus. Lorsque nous voyons à travers les yeux de marie de Magdala, les yeux de Thomas et de tant d’autres témoins, lorsque nous voyons à travers leurs yeux la Présence du crucifié/ réveillé de la mort. Lorsque nous Le voyons, grâce à leurs yeux, souffler sur eux, sur nous, Son Souffle Saint pour que nous apprenions à respirer comme Lui, c’est-à-dire à vivre de Lui, en Lui, par Lui, avec lui et pour Lui. N’est-ce pas Lui toujours la Tête ? Et nous, ne nous sommes pas devenus pleinement, par nos corps, le lieu de Sa Présence, de Sa demeure, de Sa résidence ? Ne sommes-nous pas en communion avec Lui lorsque nous partageons le pain et buvons la coupe ? Ne sommes-nous pas nourris par Lui dans cette communion ? Et lorsque nous sommes seul dans notre chambre, dans le secret et que nous nous adressons au Père au Nom de Jésus Christ par L’esprit Saint ; le Fils n’est-il pas en chacun de nous ? N’est-il pas Celui qui nous enseigne la profondeur de l’obéissance de la foi pour que celle-ci règne dans nos vies. Ne sommes-nous pas chacun de nous à l’image et à la ressemblance du Fils unique de Dieu ? Amen