prédication de Jean-Pierre Julian
Culte du 1 février de Jean-Pierre Julian partagé avec les Veilleurs en visite à Clermont.
1 corinthiens 2 v 1 à 5. Jésus Christ crucifié !
Sœurs et frères en Christ, dimanche dernier nous nous sommes attardés sur l’appel de Dieu. Un appel de Dieu qui s’adressait principalement, mais pas que : au fou, au faible et au vil selon notre monde afin de confondre les sages, les forts et les biens nées. Aujourd’hui nous allons faire un pas de plus avec l’Apôtre Paul qui nous révèle premièrement sa fragilité, mais aussi sa « théologie » mais encore ce qu’il entend par « cette démonstration d’Esprit et de puissance afin notre foi ne soit pas en la sagesse des humains mais en la puissance de Dieu. »
Paul nous révèle sa fragilité : Lorsque nous lisons, par exemple la lettre aux Romains de l’apôtre Paul nous avons quelques difficultés à le percevoir comme quelqu’un étant dans un état de « faiblesse, de crainte et grand tremblement »,et pourtant. Cela mérite quelques explications. Lorsque nous témoignons de Jésus Christ notre Seigneur nous parlons en toute simplicité et intimité. Nous parlons d’une personne qui est morte pour nous, qui a subit la torture de la croix. Nous parlons d’une personne, comme vous et moi. Si ce n’est que celle-ci, c’est volontairement livré pour nous. Elle s’est livrée pour nous réconcilier avec Dieu notre Père à tous. Et nous parlons en même temps d’une personne qui a vaincu la mort puisqu’elle s’est ressuscité, réveillés des morts nous dit l’Ecriture. Cette personne est donc vivante et nous la désignons comme étant notre Seigneur. Nous comprenons mieux cette idée de « de faiblesse, de crainte et de tremblement » que développe l’Apôtre Paul. Il peut se poser cette simple question : Parle-t-il correctement de l’œuvre que Dieu a accompli sur cette croix par Son Fils ? Il y a en effet de quoi trembler bibliquement parlant lorsque nous annonçons la bonne nouvelle de Jésus Christ. Nous osons affirmer que la Parole créatrice s’est faite chair en Jésus Christ alors que jusqu’à présent Dieu était perçu comme une transcendance qui était dans le ciel, on ne sait où d’ailleurs. Certes ce Dieu biblique appelait sans cesse des prophètes en leur donnant Son esprit pour qu’ils guident et tancent le peuple de Dieu lorsque celui-ci lui tournait le dos et s’accoquinait avec des faux dieux, des idoles en tous genres. Mais voilà que cette Parole créatrice ne reste plus dans son ciel mais se love en notre humanité. Et en se lovant, dans notre humanité, elle nous délivre de ce qui nous éloignait d’Elle. Elle nous offre, en plus, la possibilité de vivre selon sa Vie, son Amour, Sa grâce. Ce que voit l’apôtre avec ses yeux de la foi le laisse sans voix. D’où cette notion « de faiblesse, de crainte et de tremblement ». Annoncer une bonne nouvelle dans cet état d’esprit de faiblesse, de crainte et de tremblement est aux antipodes de ce que propose le monde dans lequel nous vivons. En effet, nous ne sommes pas ici avec Paul, comme dans le film « gourou » qui vient de sortir, qui décrit un coach de développement personnel en plein ascension. Ce coach, dans une sorte de puissance charismatique, séduit un auditoire toujours plus nombreux. Et plus l’auditoire est en osmose avec lui, grâce à son charisme et la puissance de sa persuasion qu’il dégage, une sorte de communion se met en place entre lui et son auditoire. Celui qui écoute ce coach, et qui boit ses paroles espère, au fond de son cœur, devenir comme lui et réussir dans son propre métier de manageur. Il y a donc clairement une sagesse du monde et ce n’est pas celle-là qui anime l’Apôtre Paul, ni celle du Christ et tous ses témoins à travers les âges.
Le savoir de l’Apôtre Paul : Jésus christ Crucifié : La sagesse de Paul se résume en trois mots : Jésus Christ crucifié. Tout passe par là, tout vient de là, tout tourne autour de cela. Jésus Christ crucifié. C’est une sagesse, ne l’oublions pas. Si cela est une sagesse cela sous-entend que nous devons entendre et comprendre cette affirmation : Jésus Christ crucifié comme une Sagesse et non pas comme de la pitié : Le pauvre gars. Ni comme du sentimentalisme émotionnel et tout ramener à soi : tout cela pour moi, à cause de moi. Ni comme un exercice physique et se flageller, se mettre en croix pour soi-disant l’imiter. Cela n’est que du masochisme.
L’humanité de Dieu : Jésus Christ crucifié ! Creusons un peu cette formule selon la Sagesse de Celui qui est Sagesse. Jésus ce nom veut dire Sauveur. Christ ce terme veut dire le choisi de Dieu. Donc, la Parole créatrice s’est faite chair en Jésus. Il est le Sauveur. Et ce Sauveur, Dieu l’a fait Christ, l’a choisi, Lui et personne d’autre. Il l’a choisi pour Sauver l’humanité et toute la création. Déjà tout ce que je viens de dire est pure folie pour les sages de ce monde. Comment une Parole créatrice peut-elle devenir être humain ? Comment cette Parole Créatrice peut-elle rester toujours Parole créatrice puisqu’elle se fait être humain ? Notre raison est incapable de répondre à ce genre de question. Car le Dieu qui se révèle par Sa Parole n’est pas saisissable, capturable par notre réflexion, nos pensées, notre sagesse. Car capturer Dieu cela sous entendrait que nous sommes Dieu nous-mêmes. Et nous ne le serons jamais. Dieu s’approche de nous en Jésus Christ et nous demande seulement de placer notre foi en sa Parole, en Son Fils, Son Unique, Son choisi. Dit autrement, et cela ne devrait pas nous choquer outre mesure, à travers Jésus Christ nous découvrons l’humanité de Dieu. Et c’est peut-être cela le plus important à retenir ici : à travers Jésus Christ nous découvrons l’humanité de Dieu.
L’humanité de Dieu crucifiée : Je le répète, à travers Jésus Christ nous découvrons l’humanité de Dieu. Reconnaissons-le, cela n’est entendable que par la seule foi. Aussi je vais en rajouter une couche, et ce que je vais dire n’est entendable toujours que par la seule foi, à travers Jésus Christ nous découvrons l’humanité de Dieu crucifié et cela c’est encore plus fou et plus incompréhensible. Et cela ne s’arrange pas lorsque nous lisons dans les Evangiles que Jésus Christ s’est livré lui-même. Nous abordons-là le côté démentiel pour les sages de ce monde et le côté encore plus scandaleux, blasphématoire pour les religieux de ce monde. Mais là aussi, en réfléchissant quelque peu, il ne s’agit pas de sombrer dans un délire mystique, dans un sentimentalisme pleurnichard ou dans un moralisme castrateur, ou encore dans un intellectualisme desséchant. Il s’agit tout simplement d’accueillir, par le moyen de la foi, l’acte et l’œuvre de cette humanité de Dieu sur la croix en Jésus Christ. Il s’est livré mais pourquoi donc ?
Il s’est livré
Pourquoi Jésus accepte-t-il de se livrer lui-même ? Pourquoi accepte-t-il d’être livré par un de ses plus proches collaborateurs, disciple qu’il a lui-même appelé ? Pourquoi accepte-t-il d’être livré par les religieux de l’époque et par le pouvoir romain en place qui le livra à la volonté du peuple ? Pourquoi accepte-t-il d’être livré par le Père ? Toute l’humanité, Dieu y comprit livre le Fils unique nous disent les Evangiles. Pourquoi cela. Tout simplement mettre fin à cette séparation entre notre humanité et Dieu lui-même. Cette crucifixion annonce deux réalités : la fin d’une certaine humanité coupée de Dieu et une nouvelle humanité en communion profonde avec Dieu. Le Christ Jésus sur la croix assume cette humanité coupée de Dieu et inaugure, dans le même temps, cette nouvelle humanité en communion avec le Dieu Amour. Il va créer en Christ Jésus, en Lui-même et par Lui-même, par sa mort et sa résurrection, une nouvelle créature. Retenons pour le moment que cette crucifixion annonce la fin d’une humanité coupée de Dieu et inaugure une nouvelle humanité en Christ Jésus qui vit désormais dans une belle et profonde communion avec notre Père.
Jésus Christ Crucifié
Parfois, lorsque nous entendons cette parole : Jésus Christ crucifié ! nous fixons notre regard seulement sur cette croix détestable et libératoire. Et notre regard spirituel bien souvent s’arrête là. Alors que l’Apôtre Paul n’arrête pas son regard à cet acte passé qui a eu lieu un jour de pâques, une fois pour toute. Il voit surtout Jésus Christ le ressuscité. Pour l’Apôtre Paul, il est évident pour lui que Jésus Christ est ressuscité des morts. Il est évident pour lui que la mort a été vaincu par Jésus Christ notre Seigneur. Il est évident que le péché, notre péché est resté dans la mort et que nous marchons désormais en nouveauté de vie en Christ Jésus. Il est donc évident comme pour tous les Apôtres que Jésus Christ le ressuscité porte les marques de sa crucifixion, puisqu’il est ressuscité le troisième jour. Dit autrement, le Seigneur Jésus Christ, le ressuscité, sera le crucifié jusqu’à la fin des temps. Car il porte dans sa chair la marque de notre Salut. Et lorsqu’il dit que sa Sagesse se résume à cette Parole : Jésus Christ crucifié, cela veut dire qu’il voit, avec les yeux de son esprit, par la seule foi, il voit Celui qui est ressuscité des morts qui porte les traces dans son corps de cette crucifixion. Il voit Celui qui a vaincu la mort. Il voit celui qui a pris notre péché, Lui sans péché et qui a laissé le péché, notre péché dans la mort. Voilà ce qu’il voit. Il voit un Christ glorieux, vainqueur avec les marques de la crucifixion, crucifié. Et nous que voyons-nous ?
Une démonstration d’Esprit et de Puissance
L’apôtre termine en disant : « Ma Parole et ma proclamation lorsque j’étais parmi-vous n’avaient rien des discours persuasifs de la Sagesse. C’était une démonstration d’Esprit et de Puissance pour que votre foi ne soit pas en la sagesse des humains mais en la puissance de Dieu. » L’Apôtre Paul oppose la sagesse des êtres humains et la puissance de Dieu qui est une démonstration d’Esprit et de Puissance. Nous allons devoir ici préciser cette notion de puissance afin de ne pas nous embarquer dans un nouveau contre sens. La puissance de Dieu n’a rien à voir avec la puissance que notre humanité met en place pour s’imposer sur d’autres peuples. Notre puissance est une puissance qui en impose. C’est une puissance de destruction, de mort. Le terme puissance sous-entend une domination voire un écrasement sur un adversaire. Paul parle ici d’une démonstration d’Esprit et de puissance. Pour rendre concrète cette expression je dirais ceci. Lorsque j’ai été appelé par le Seigneur Jésus Christ le crucifié, il y a plus de 32 ans, j’ai vécu dans ma chair cette démonstration d’Esprit et de puissance. En effet une parole d’Amour et d’Autorité m’a dit : « réveilles-toi ». Alors que j’étais allongé sur un lit. Je fus mis sur pied littéralement parlant par cette Parole d’Amour. A mes yeux, aujourd’hui, j’interprète cela comme une démonstration d’Esprit et de puissance dans l’Amour. La Puissance et l’Amour selon Dieu est une même réalité avec ces deux facettes. Une démonstration d’Esprit et de puissance c’est donc l’Esprit Saint qui est le bras agissant de Dieu, la Sagesse même de Dieu, Dieu lui-même qui vient à notre rencontre au plus intime de nous-mêmes pour que nous nous élancions à sa suite sur les chemins de la Galilée. Amen.