Prédication de Jean-Pierre JULIAN le 25 janvier 2026

culte dimanche le 25 janvier à Clermont l'HT

Prédication de Jean-Pierre JULIAN

1 Corinthiens v 26 à 31. Sœurs et frères en Christ,

En lisant ce passage je me suis dit : quels sont les puissants, les biens nées, les sages selon la chair aujourd’hui ? Puis avant de répondre à cette première question, je me suis dit aussi : mais que veut dire cette expression « selon la chair » ? Ces deux questions sont importantes pour comprendre ce que l’Apôtre cherche à nous communiquer. Il me semble que c’est en précisant d’abord cette expression « selon la chair » que nous pourrons mieux discerner ce que l’apôtre Paul entend par puissant, bien nés et sages.

Selon la chair

Les « selon la chair » c’est l’humanité qui se passe de Dieu, ou qui oublie Dieu, qui considère que Dieu peut être utile mais surtout pour les faibles, ceux qui n’ont pas les moyens intellectuels, financiers, physiques, familiaux de résister à la violence de ce monde. Les « selon la chair » c’est aussi ceux qui s’appuient essentiellement sur leurs propres forces, qui ne dépendent que d’eux-mêmes, qui ne doivent rien à personnes. Nous sommes tous des « selon la chair ». Les « selon la chair » se considèrent parfois comme étant indépendant et réellement libre parce qu’ils ne sont assujettis ni à un Dieu, ni à un Maitre. Mais avant de nous attarder sur qui sont les puissants, les biens nés et les sages d’aujourd’hui, j’attire votre attention aussi sur les deux vigilances que nous devons avoir concernant ce texte. La première vigilance c’est de pas oublier que Paul s’adresse à une communauté qu’il a fondé lui-même, il l’a connait bien. Dit plus justement, une communauté fondée par l’Esprit Saint qui habite la Parole de l’Apôtre Paul. Deuxième vigilance lorsque l’Apôtre dit : « qu’il n’y a pas, parmi vous, beaucoup de sage, de bien né, de puissant, cela ne veut pas dire qu’il n’y en a pas. » Ces deux précisions faites, précisons quels sont les puissants, les bien nés, les sages de notre monde ?

Les puissants, les biens nés, les sages

Nous pourrions dire aujourd’hui que ce sont celles et ceux qui s’affichent sur nos portables, dans nos télévisions et radios. Ce sont celles et ceux qui attirent notre regard, qui captivent notre oreille, qui titillent notre désir. Ce sont les milliardaires, ce sont les grands entrepreneurs, ce sont les influenceurs, les artistes, les acteurs, les animateurs télé et journalistes qui ont des millions de vues dans les réseaux sociaux. Cette belle notoriété fait qu’elles deviennent des têtes d’affiches qui attirent l’audimat. Nos puissants d’aujourd’hui, ce sont aussi nos grands sportifs qui réalisent des exploits, ce sont les coachs personnels qui rassemblent des milliers de personnes, ce sont les dirigeants comme Donald Trump, Vladimir Poutine et le président Chinois, ce sont celles et ceux qui vendent des centaines de milliers de livres…La liste est longues. Oui, suite à cette description nous pourrions dire qu’il n’y a pas beaucoup de gens bien nés, pas beaucoup de sages et pas beaucoup de puissant dans notre communauté. Il ne s’agit ici ni de s’en réjouir, ni de s’en offusquer. Ne tombons pas dans un autre piège. En effet, l’Apôtre Paul ne nous encourage pas ici à un quelconque jugement. Il ne s’agit pas ici de juger les puissants, les sages, les bien nés. Qui sommes-nous pour juger qui que ce soit.

Pourquoi sommes-nous appelés par le Seigneur Jésus Christ ?

Il s’agit plutôt ici de s’interroger sur un pourquoi. Pourquoi notre Dieu et Père appelle par Son Fils avec l’Esprit Saint des gens comme vous et moi ? Pourquoi m’a-t-il appelé, moi, Jean pierre Julian. Moi, qui n’étais rien pour ce monde. Moi, qui ne connaissais même pas le Dieu Amour, qui ne savait même pas qu’il existait ? Pourquoi m’a -t-il appelé ? Pourquoi t-a-t ’il appelé, toi qui es là assis sur (ce banc), cette chaise confortable ? Pourquoi nous a-t-il appelé ? La réponse de l’Apôtre Paul à cette question fondamentale sur l’Appel de Dieu est, reconnaissons-le, quelque peu surprenante. Je reformule son dire à ma sauce : « si nous avons été appelés par le Seigneur Jésus Christ, c’est pour confondre les sages, les puissants, les bien nées afin qu’ils arrêtent de se vanter devant Dieu et de croire que ce qu’ils sont, ils ne le doivent qu’à eux même et à ceux qui les ont précédés. » L’Amour selon Dieu est quand même surprenant puisqu’il va chercher celles et ceux qui ne sont rien aux yeux de ce monde, les fous, les faibles et les vils, pour confondre les sages, les puissants, les biens nés afin qu’eux aussi se tourne vers le Dieu Amour. Notre raison d’être, en tant que communauté rassemblée au Nom de Jésus Christ, est donc aussi de confondre les sages, les biens nés et les puissants. Les confondre et non pas les juger. Le verbe confondre n’a aucune connotation sentimentale ou morale mais il sous-entend un sacré chamboulement intérieur. Mettons-nous dans la peau d’un puissant. Un beau jour, celle ou celui qui s’approche de vous qui, à vos yeux n’est rien pour vous, qui n’a aucune autorité, aucun pédigré. Voici que ce rien vous annonce que Celui qui est Tout parle à travers lui, lui qui n’est rien à vos propres yeux. Ce rien vous témoigne de la bonne nouvelle de Jésus Christ pour vous. Bonne nouvelle qui s’adresse donc aussi à vous, vous qui vous croyiez, jusqu’à présent, suffisamment éclairés, enseignés par votre puissance, par votre origine sociale, par votre sagesse. Voilà que ce rien ouvre la bouche et vous dit, à vous, le puissant, le bien nés, le sage, qu’aujourd’hui le temps est venu de cesser de vivre en vous-mêmes, par vous-mêmes et pour vous-mêmes. Ce temps-là est vraiment révolu, cette façon de vivre a été jugé, une fois pour toute, sur la croix par Dieu notre Père qui en Jésus Christ, son Fils unique, a réconcilié par l’Esprit Saint l’humanité entière avec Lui-même. Ce rien, qui continue de s’adresser toujours à vous le puissant, le bien né, le sage, vous confirme que votre façon de vivre, en vous-même, par vous-même et pour vous même ne mène nulle part. Si ce n’est vers des conflits toujours plus dévastateurs entre égo surdimensionnés. Si ce n’est vers des certitudes orgueilleuses qui entérine la thèse que la fin justifie les moyens. Si ce n’est vers des désirs insensés de conquête de territoire. Si ce n’est enfin vers ce plaisir malsain d’accumuler le plus de richesse possible pour nous rassurer et signifier une réussite.

Nous vivons tous en Christ Jésus et par l’Esprit Saint

La bonne nouvelle est donc pour les riens comme pour les puissants, les biens nés, les sages pour qu’ils apprennent eux aussi à vivre comme s’ils n’étaient rien tout en n’étant tout en Christ Jésus notre Seigneur. Oui, nous sommes tout en Christ Jésus, puisque nous sommes nouvelles créatures réconciliées avec Dieu notre Père. Et ainsi chacun peut vivre en paix devant notre Père par l’Esprit saint parce qu’en Christ Jésus. Dit autrement, Dieu est venu, lui-même, en tant que Fils, nous déloger de nous-mêmes. Nous nous étions installés en nous même dans un magnifique fauteuil et nous contemplions le monde du haut de notre fauteuil et nous regardions même, d’égal à égal, le Dieu Un. Ce Dieu un qui Lui était, bien entendu, sur son trône et nous dans notre fauteuil. Nous nous imaginions être dans un réel face à face avec Lui, puisque nous nous considérions comme son égal. En réalité, c’était notre propre image que nous projetions sur ce trône. Nous nous contemplions nous-mêmes et nous nous donnions l’illusion d’être l’égal de Dieu. Jusqu’au jour où un mal né, un faible, un sans intelligence, un rien osa s’avancer vers nous et nous dire : « Il est temps de te lever de ton fauteuil et de sortir de cette illusion dans laquelle tu te réfugies. Il est temps d’arrêter ton cinéma intérieur et d’être rencontré par Celui qui est Amour et grâce ».

Jésus notre justice, notre sanctification, notre rachat

L’Apôtre Paul dans cette lettre rappelle donc l’essentiel de la venue de Jésus Christ dans notre vie, dans l’intime de notre intime. Il nous dit : « Vous êtes dans le Christ Jésus qui est devenu pour nous Sagesse de la part de Dieu mais aussi justice, sanctification, et rachat ». Précisons quelque ces cinq affirmations de l’Apôtre Paul. Nous sommes dans le Christ Jésus. Cette première affirmation atteste que nous marchons en nouveauté de vie puisque nous sommes dans le Christ Jésus, le crucifié/ressuscité des morts. Cette inclusion en son être d’Amour nous permet de vivre de Son Amour et donc d’accueillir Sa Sagesse et d’en vivre. Il est notre sagesse. Deuxième affirmation. Mais de quelle sagesse parle l’Apôtre Paul ici ? Ce n’est pas la sagesse des philosophes aussi belle et profonde soit-elle. Ce n’est pas notre propre sagesse aussi performante soit-elle. Paul nous donne un éclairage sur cette sagesse dans la lettre aux Colossiens 2 v 3 : Il nous dit : « Christ, en qui sont tous les trésors de la Sagesse et de la connaissance cachée. (Je le répète). Paul ici fait une double allusion. La première est un rappel du baptême de Jésus où l’Esprit Saint descend sur Lui comme une colombe. L’Esprit Saint est donc la Sagesse de Dieu. La deuxième allusion va préciser la réalité de cette Sagesse. Elle se trouve dans le livre d’Esaie au chapitre 11, elle dit : « Le souffle du seigneur reposera sur Lui ; souffle de Sagesse et d’intelligence, souffle de conseil et de vaillance, souffle de connaissance et de crainte du Seigneur. Il respirera la crainte du Seigneur, il ne jugera pas sur l’apparence, il n’arbitrera pas sur un oui dire. » la Sagesse ici c’est donc l’Esprit Saint qui habite en chacun de nous, nous qui sommes en Christ. Ce même Christ a été fait justice. Troisième affirmation. En effet, sur la croix il subit la juste colère de Dieu concernant le péché, Lui qui s’est livré par Amour, Lui qui s’est fait péché et qui a pris notre péché alors qu’Il est sans péché. Lui qui a subi la mort par Amour, qui a subi la mort cause de notre péché car la mort est la conséquence du péché. Lui qui s’est réveillé des morts et qui a laissé dans la mort notre péché afin que nous vivions en Lui, par Lui, pour Lui dans sa Grâce surabondante. Il est donc notre justice. Il nous rend juste. Nous sommes des pécheurs rendus juste par le Christ seul. Ce même Christ a été fait sanctification. Quatrième affirmation ; Il est Celui qui nous met à part pour témoigner de sa Vie. Nous avons été sanctifiés, rendu Saint, mis à part pour témoigner de Son Amour, de Son œuvre, de Sa Vie. C’est Lui qui nous a mis à part, il n’y a aucun mérite de notre part. Nous savons d’où nous venons. Nous savons où nous sommes aujourd’hui. Nous sommes en Christ et nous avons été mis à part pour être au service de Jésus Christ notre Seigneur et nous marchons par l’Esprit Saint. Ce même Christ nous a racheté, délivré. Cinquième affirmation. Nous dépendons totalement et pleinement de Son œuvre sur la croix donc de Sa Vie. Il vit en nous et nous contemplons Son œuvre en nous et en tout être humain par l’Esprit Saint. Ce qui importe ici c’est de bien mesurer que c’est Son agir, Sa volonté, le don de Sa vie qui rend possible le fait que nous sommes en Lui, en Christ. C’est Son faire, Son être qui a rendu possible cela. Et fort de Son Amour, nous plaçons notre foi en Lui, nous lui donnons toute notre obéissance, notre confiance, notre fidélité, dit autrement nous apprenons à l’Aimer selon son Amour. Qu’Il soit Bénis. Amen

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