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Prédication de Jean-Pierre JULIAN le 5 avril
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culte de dimanche de Pâques
Actes 10 v 34 à 48 (Celui qui est à l’origine de notre existence)
Pierre, un juif dont le métier est de pécher des poissons
Sœurs et frères en Christ, voilà que des chercheurs de Dieu invitent l’Apôtre Pierre chez eux pour l’écouter parler. Voilà que Pierre dont le métier est pécheur se voit contraint d’annoncer la bonne nouvelle de Jésus. Lui qui n’est pas un grand orateur, il parle la langue de son métier et cela est bien suffisant pour lui. Nous avons tendance à oublier que l’Apôtre Pierre n’était qu’un simple pécheur et qu’il a été embarqué par Jésus dans cet étonnant chemin. Ce travailleur se retrouve devant des païens, des non juifs, et cela est compliqué pour lui. Nous avons tendance à oublier aussi que Pierre était pétri par la culture juive et cette culture lui a enseigné qu’il était interdit de s’attacher, de se mélanger ou d’approcher un étranger. Certains d’entre-nous, sommes pétris par des cultures différentes (populaires, bourgeoises…) et les codes sociaux que nous avons intégrés, les uns et les autres nous permettent de nous « renifler » et ainsi de nous reconnaitre. Nous sommes comme Pierre pétri par notre culture et parfois cette culture est un frein pour rencontrer celui ou celle qui est différent de nous, qui ne vient pas de notre monde, qui n’est pas issus de la même religion, du même parcours spirituel, de la même idéologie politique, du même pays que le nôtre. Nous pouvons donc entendre les réelles réticences et les craintes de l’Apôtre Pierre. Comme nous pouvons aussi entendre son étonnement. Pierre à été appelé par Jésus pour qu’il le suive sur les chemins de la Galilée. Il reste obéissant et fidèle à cet Appel, même si cela lui coûte, même s’il doit rencontrer ces non juifs désireux d’entendre la bonne nouvelle de Jésus Christ. D’autant que cet appel qu’il a reçu dans la Galilée a été conforté, renchérit, multiplié lors de cette pâque juive où Jésus le Christ s’est réveillé des morts. En effet, l’Apôtre Pierre nous dit clairement « qu’il a mangé et bu avec le crucifié/ressuscité des morts Jésus le Christ, notre Seigneur. » Nous nous souvenons souvent de l’appel qu’il a reçu lorsqu’il laissa sa barque et ses filets avec d’autres pour suivre la parole du Seigneur Jésus. Nous nous souvenons moins de cet épisode où avec les autres disciples, ils ont mangé et bu avec le crucifié/ressuscité des morts. Et lors de ce repas, nous dit l’évangéliste Luc, Jésus leur a prescrit de « proclamer au peuple et d’attester en témoignant que Lui Jésus le Christ a été établit par Dieu comme le juge des vivants et des morts. »
Le repas avec le crucifié/ressuscité des morts et les choisis
Arrêtons-nous quelques instants sur ce repas pris avec le crucifié/ ressuscité des morts. Pierre et les autres disciples ont donc discutés avec un être humain qui a vaincu la mort. Ce qui veut dire concrètement que la mort n’a plus d’emprise, ni d’autorité sur Jésus notre Seigneur. Ils ont discuté, mangé et bu avec Lui. Comme nous sommes des êtres rationnels et que nous aimons tout expliquer. Nous nous disons en nous-mêmes : « Pierre, et surtout Luc l’évangéliste qui a écrit ce récit nous énonce surtout un symbole fort. » Pourquoi basculons-nous si rapidement dans le symbolisme ? Reconnaissons-le, nous sommes ici devant un mur d’incompréhension. Pierre, ce juif, un peu orthodoxe, simple travailleur nous témoigne d’une rencontre surprenante autour d’un repas. Il ne l’explique pas. Il témoigne. Pas moins, pas plus. Mais le plus important dans ce repas eucharistique avec le Seigneur Jésus, ce n’est pas le repas en lui-même qui doit retenir notre attention mais plutôt la Parole qu’Il adresse aux disciples : « Proclamez au peuple et attestez en témoignant qu’Il est Celui qui a été établit par Dieu comme le Juge des vivants et des morts. » Et juste avant cette Parole du Christ, l’Apôtre Pierre délivre une autre parole tout aussi importante. Il dit : « Dieu l’a rendu visible le troisième jour et lui a donné de se manifester non pas au peuple tout entier mais à ceux qu’il a choisi d’avance, à nous qui avons mangé et bu avec Lui après sa résurrection des morts. » Il y a souvent des malentendus avec ces deux paroles que nous venons de réentendre. Commençons avec la seconde. Certains, par modestie, refuse de se croire choisis d’avances même si Dieu ne fait acception de personne. D’autres porte un jugement sans appel : « Quel est donc ce Dieu qui ne se révèle qu’a ses choisis ». Au premier je dis : « est-ce vraiment de la modestie ? » Au second je dis : « qui est-tu pour porter un jugement sur Celui qui est à l’origine de ton existence ? » Si Dieu se révèle à des personnalités comme Pierre, Paul, Jacques et nous, ici, rassemblés dans ce temple. S’il se révèle à notre esprit, c’est pour que nous témoignons de Son œuvre, de Sa vie, de Son Amour, de Sa Parole, de Son être. Il y a de quoi se réjouir en réalité de cet appel reçu et de cette marche en avant dans les traces de Jésus Christ, notre Seigneur.
Temps musical court
Notre esprit
Notre Seigneur nous dit encore aujourd’hui : « Proclamez au peuple et attestez en témoignant qu’Il est Celui qui a été établit par Dieu comme le Juge des vivants et des morts. » Reconnaissons-le, il y a un mot qui peut nous agacer, qui ne passe pas. C’est le terme de Juge. Notre esprit rebelle ne supporte pas ce mot. Car accepter ce mot c’est considérer qu’il y a quelqu’un au-dessus de nous, quelqu’un qui a autorité sur notre esprit. Et notre esprit n’est pas du tout disposé à donner, à qui que ce soit, une telle place de supériorité. Une des caractéristiques de notre esprit est donc son indépendance, son goût de la liberté, son plaisir de la réflexion, de l’analyse ; cette capacité à se mettre en scène grâce à l’imagination par exemple. Ceci dit, lorsque notre esprit est rencontré par la Parole vivante du Seigneur, il prend conscience qu’il y a une autre Entité qui vient l’interpeller. Et lorsque cette Entité l’interpelle, notre esprit est appelé à se déterminer par rapport à cette Parole qui s’adresse à lui. Suite à cette révélation, un nouvel apprentissage se fait jour. Notre esprit découvre qu’il est toujours indépendant, qu’il est toujours lui-même mais maintenant, il prend conscience qu’une autre Parole que la sienne peut le nourrir chaque jour. Qu’il n’est plus obligé de s’épuiser à se fabriquer une belle image de lui-même et donc de ne vivre que pour lui-même. Notre esprit est toujours le même mais il ne vit plus que pour lui-même mais pour Celui qui s’est révélé à lui et qui est à l’origine de son existence. Notre esprit est toujours indépendant mais il n’est plus seul, alors qu’il se croyait seul. Tel est le commencement de la circoncision du cœur.
Court moment musical
Plongeons au cœur de notre intériorité
Alors notre esprit, fort de cette belle révélation, médite chaque jour le parcours de Jésus Christ dans cette Bible. Il réalise que Celui qui est à l’origine de sa propre existence a décidé d’être, Lui aussi, pleinement un être humain. Cela surprend tellement notre esprit qu’une incompréhension l’envahit ! Car notre esprit aimerait, de temps à autre, ne plus être le prisonnier de ce corps, ni être trop limité par celui-ci, même s’il le trouve, par certains côtés, extraordinaires ce corps. Alors notre esprit fixe son regard sur cette être humain, ce Jésus, qui tout en faisant du bien autour de lui, en guérissant, en délivrant, en ressuscitant, en pardonnant est étonnamment contesté, moqué, abandonné puis crucifié. Cela l’interroge. Comment est-ce possible que Celui qui est à l’origine de sa propre existence subisse tout cela, sans rien dire ? Et en méditant le parcours de cette Parole faite chair crucifié sur une croix, notre esprit réalise que Celui qui est à l’origine de son existence meurt sur une croix. S’il meurt, je vais donc mourir moi aussi avec Lui, se dit-il, puisqu’Il est à l’origine de mon existence ? Si Celui qui est à l’origine de mon existence meurt, je meurs avec Lui se dit-il une nouvelle fois comme pour s’en convaincre. Mais pourquoi meurt-il ? Pourquoi accepte-t-il de mourir lui qui est à l’origine de mon existence ? Lui qui, avant de mourir, guérissait, délivrait, ressuscitait, pardonnait les êtres humains. Oui, pourquoi meurt-il et pourquoi dois-je mourir moi aussi avec Lui, se dit une nouvelle fois notre esprit ? Alors un abime d’incompréhension l’entoura. Il était dans l’impossibilité de trouver une réponse. Sa propre sagesse avait atteint sa propre limite.
Court moment musical
Tout d’un coup notre esprit baigna dans une lumière éclatante. Il ne savait pas d’où venait cette lumière éclatante. Mais elle était là. Elle lui révéla alors la réalité de son intériorité. Et il vit, notre esprit, des zones d’ombres très sombres qui l’entrainaient vers toutes sortes d’esclavages. Il ne les avait jamais vu auparavant. Il n’avait aucune conscience de leurs existences et pourtant elles étaient là, sournoisement présentes. Il se tourna vers cet être crucifié, plongé dans la mort comme Lui pour lui demander de l’aide afin de ne plus être l’esclave de ces zones d’ombres très sombres qui l’emprisonnaient. Ceci dit, au fond de lui, il le savait, il n’était pas si indépendant que cela, ni si libre en fin de compte. Tellement de contradictions lui faisaient prendre des chemins qu’il n’avait pas nécessairement souhaité. Tellement de paroles et d’actes blessants lâchés, ici et là, sur des personnes proches ou moins proches. Certes le regret de ces paroles et de ses actes lâchés venait agiter sa conscience, après coup, mais c’était trop tard. Alors, Celui qui est à l’origine de son existence, Celui qui est la Vie, attira à Lui toutes les zones d’ombres très sombres qui tenaient en esclavage notre esprit. Il les engloutit dans Sa vie et les plongea dans sa propre mort et nous avec Lui. Celui qui est à l’origine de notre existence nous entraina avec Lui dans Sa propre mort. Notre esprit réalisa dans cet instant si particulier que son véritable avenir était de suivre le chemin de cet être humain et de franchir cette porte étroite. Il la franchit, grâce à Lui. Alors la Parole faite chair, crucifiée, morte, se réveilla de la mort, et prit notre esprit par la main pour l’entrainer avec Elle vers la lumière. Elle laissa dans la mort les zones d’ombres très sombres qui emprisonnaient notre esprit. Elle le conduisit dans un lieu où seule la Présence divine règne. Un lieu connu de Dieu seul. Et voici que dans ce lieu notre esprit découvre une intériorité renouvelée. Il réalise que dans cette nouvelle intériorité, il est en Christ, il est dans ce royaume des cieux qui s’est approché. Il est membres du corps du Christ, nouvelle créature. Il est donc devant Dieu le Père, notre père, réconcilié avec Lui, entouré de Sa Présence par Son souffle Saint, son compagnon de route. Il apprend à respirer dans ce souffle Saint. Il est toujours dans ce monde qui l’a vu naitre, mais il n’est plus le même. Notre esprit reconnait et accepte que Celui qui est à l’origine de son existence L’a délivré de la puissance de toutes ces zones d’ombres très sombres qui le tenaient en esclavage dans ce monde. Il reconnait et accepte que Jésus le Christ est véritablement le Juge des vivants et des morts. Notre esprit est toujours dans ce monde qui l’a vu naitre. Mais il sait dorénavant qu’il n’appartient plus à ce monde. Il appartient au Seigneur Jésus, son Sauveur. Dorénavant notre esprit contemple ce monde, les prochains qu’il côtoie et lui-même d’un tout autre regard. Son regard est renouvelé par ce regard d’Amour qui vient du Père. Sa volonté est renouvelée par ce don de Vie et de Grâce offerte par le Fils sur la croix. Son être est alimenté par ce souffle d’Amour qui s’origine en Dieu seul. Le voilà devenu témoin du Dieu Amour dans ce vase d’argile qui est son corps. Et cela le comble. Amen.
Musique lumineuse