Prédication en dessins de Jean-Pierre MOLINA

le 16 août prédication en dessins de Jean - Pierre Molina

Prédication en dessins

Mathieu 15/21-28 (Marc7/24-30)

Dessin d’ensemble : foule de citadins à figure de cochons, Jésus, disciples, camping car etc

Présentation : Jésus est en Syro-Phénicie, pays non-juif donc peuplé d’impurs : d’où les autochtones cochons, les légionnaires cochons …

La femme ventouse : elle est bruyante, tenace et instruite des idées juives puisqu’elle nomme Jésus « Fils de David » – sans pour autant réussir à l’amadouer.

La requête : « ma fille est « démonisée » cruellement ». À l’époque on n’avait pas inventé les virus, pas davantage la psychiatrie. la femme dit que sa petite est possédée par une une force destructrice qui la dépossède d’elle-même. Réaction de Jésus : silence.

Les compagnons de Jésus : « Fais la partir ». Réponse – cette fois il parle – je ne m’occupe que des juifs et spécialement des juifs paumés. Littéralement : « j’ai été envoyé seulement au brebis perdues de la maison d’Israël. » Autrement dit : Jésus transporte sa frontière séparant le pur et l’impur quand il est en visite chez les païens. (dessin)

(Remarque : au lieu de « renvoie-la » on peut tout aussi bien comprendre « délivre-la » : le verbe grec apoluein = 1°détacher, délier. Si l’on choisit ce sens, alors la réponse de Jésus s’adresse aux disciples : libère-la, qu’elle nous fiche la paix – je ne peux pas, elle n’est pas de ma juridiction.)

Déplacements : la cananéenne qui criait « derrière » (v23) contourne Js pour « se prosterner devant lui ». Elle circonvient le Maître ( ça veut dire quelle l’encercle à elle toute seule) et très respectueusement… lui barre le passage.

Réponse de Js – à la femme, cette fois c’est sûr : ne pas confondre les enfants de la maison et les petits chiens. Ils ne mangent pas le même pain. Ainsi la femme devient la mère d’une petite chienne (dessin : museau de chien/ femme, ouverture de la maison à roulettes des juifs et fillette à tête de chien ou chien à tête de fillette sur la table où mangent les enfants de la maison (1)

Réplique de la cananéenne : 1° de manière explicite : vos miettes nous suffisent 2° derrière les mots : nous sommes déjà dans la « maison d’Israël » puisque nous attrapons les miettes qui tombent de votre table. Il n’est pas question d’enlever le pain de la bouche des juifs mais de reconnaître les gens qui, sans faire partie du peuple de Dieu, récoltent comme ils peuvent des bribes de l’amour de Dieu. Sans être de la maison d’Israël ils sont quand même dedans.

Conversion de Jésus : c’est la foi, pas la race, qui fait le peuple de Dieu.

Conversion ou pédagogie de Jésus? Prêche-t-il le faux pour faire sortir le vrai?

D’abord, ce qui nous paraît du sectarisme exprime l’adhésion de Jésus au contrat social d’Israël, à l’intérieur duquel peuvent être entendues des exigences morales et spirituelles qui n’ont pas cours ailleurs. De quel droit un rabbin irait-il reprocher à des non-juifs de ne pas appliquer la justice de la loi du jubilé ou de ne pas s’engager pour le règne du Dieu des Juifs ? La femme a donc ouvert à Jésus une conséquence qui lui échappait de son propre message? Mais aussi, Jésus n’ignore pas la portée universelle de son évangile; il sait reconnaître la foi où on ne l’attend pas (cf 8/10).

Alors, pédagogie ou conversion? La réponse est incertaine mais ne change pas le résultat : un tournant dans l’action que mène Jésus. En Mathieu 10/5-6, envoyant ses disciples en mission il leur recommande de ne pas entrer chez les païens et les Samaritains mais de se limiter aux « brebis perdues de la maison d’Israël », alors qu’ici une étrangère est traitée en enfant d’Israël. Grâce à elle nous sommes à table et pas dessous.

Telle est la 1ère conclusion. Mais nous savons la suite et comment les Juifs ont fini qq s plus tard par être eux-mm chassés de la table par les descendants de la petite cananéenne et mis aux bans de la société chrétienne. Toujours nous rappeler que Jésus après cette rencontre décisive reste juif et que nous-mêmes sommes des invités dans la « maison d’Israël » et la religion du Juif Jésus. Aujourd’hui il faut nous garder à la fois du nationalisme israélien incarné par Néthanyaou et sa clique fascisante et de l’oubli de notre appartenance à la foi Juive. Toujours nous tenir à l’attitude de la Cananéenne devant le Christ, fils de David et détenteur du pouvoir de Dieu pour les femmes et les hommes de toute la terre.

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