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Prédication par Florian JAROSCHIK du 30 août
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Matthieu 16 : 13 à 20
La question qui ouvre à la Vie
(le texte de Jean-Pierre JULIAN)
Sœurs et frères en Christ, lorsque quelqu’un nous pose une question profonde et que nous répondons clairement et sincèrement, nous nous dévoilons quelque peu dans l’énoncée de notre réponse. Jésus pose une question hautement spirituelle a ses disciples : « au dire des gens, qui est le fils de l’homme ». Nous savons, pour notre part, grâce à notre lecture de la Bible, que le « fils de l’homme » c’est Jésus lui-même. Il le révèlera sur la montagne à Pierre, Jacques et Jean lors du récit dit de la transfiguration. Ceci dit, que veut donc dire cette expression « Fils de l’homme » ? Le Fils de l’homme appartient à l’humanité, il est Celui qui symbolise, représente, assume toute l’humanité. Fort de cette précision, nous regardons non pas Jésus comme seulement un maitre de la loi, un sage mais comme un être humain, un peu spécial, puisqu’il se définit lui-même comme étant le Fils de l’homme. Un fils de l’homme qui dira, en toute confiance à Pierre, Jacques et Jean en redescendant de la montagne : « Ne parlez à personne de cette vision jusqu’à ce que le Fils de l’homme se soit réveillé d’entre les morts. » Le Fils de l’homme c’est donc l’humanité entière qui va être crucifiée, qui va mourir et se réveiller de la mort. Dans ce récit que nous méditons les disciples sont à cent mille lieu de saisir que Jésus est le Fils de l’homme, celui qui représente et assume toute l’humanité. D’où la deuxième question de Jésus. « Et pour vous qui suis-je ? ». Les disciples auraient pu répondre : tu es Jésus de Nazareth fils de Marie et de Joseph, frères de jacques et d’autres frères et sœurs, charpentier de métier. Cette réponse était possible mais dans ce récit se joue quelque chose de plus fondamental. Pierre prend la Parole est dit : « Toi, tu es le Christ, le Fils de Dieu. » Dans la bouche de Pierre les mots ont un sens particulier. Le peuple juif attend son messie, son Christ. Celui que Dieu a choisi. Celui qui révélera sur terre la vraie Justice selon Dieu. L’expression Fils de Dieu est plus étonnante car elle sous-entend que Jésus est vraiment l’expression même du Dieu Amour sur terre. La question de Jésus permet donc au cœur de Simon de s’ouvrir à la Vie. Une Vie qui ne vient pas de Lui-même mais qui le traverse. Et c’est là que se situe tout l’enjeu de ce récit.
La chair et le Sang et l’Esprit Saint
Jésus répond illico à cette Vie qui vient de s’exprimer par la bouche de Simon « Bienheureux es-tu Simon, dit Jésus. C’est une béatitude. La joie remplie le cœur de Jésus car Son Père vient de Lui indiquer par la bouche de Simon que le moment est venu de révéler l’œuvre du Fils de Dieu pour l’humanité entière. « Bienheureux es-tu Simon Fils de Jonas, dit jésus, parce que ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela mais mon Père qui est aux cieux. » Une pause est nécessaire ici. Lorsque Matthieu écrit que « ce n’est pas la chair et le sang qui lui ont révélé cela mais Son Père qui est au cieux », il fait une distinction entre ce que nous pensons, ce que nous vivons, ce qui nous fait agir et l’agir de l’Esprit Saint dans nos vies. Cette distinction est importante car il nous est impossible de penser comme Dieu et de vivre comme Dieu. Nous ne possédons pas Dieu. « La chair et le sang » dans le langage de Matthieu, c’est l’humanité séparée de Dieu, c’est l’humanité qui préfère n’écouter que sa propre parole, c’est l’humanité qui se croit totalement indépendante de Celui qui donne la Vie, qui est la Vie. Cette humanité-là ne peut pas penser Dieu, ni vivre de Dieu. Elle en est incapable. Cette humanité séparée de Dieu vit en elle-même, pour elle-même et par elle-même, elle est « chair et sang. » Il n’y a aucun jugement à porter ici. C’est un fait. Notre humanité est « chair et sang ». Mais voilà que cette humanité séparée de Dieu devenue chair et sang est traversée, malgré tout, par la Parole du Père en la personne de Simon. Cette Parole qui le traverse offre à Simon la possibilité de voir en Jésus le Christ, le Fils de Dieu. C’est une révélation qui vient du Père qui se communique par l’Esprit Saint. Cet Esprit Saint qui affleure notre esprit afin de l’illuminer, de le nourrir de la Parole qui vient du Père. Fort de cette révélation, la parole de Simon proclame en toute confiance que Jésus est le messie, le Fils de Dieu, c’est-à-dire l’expression même de Dieu Amour sur cette terre, le vrai visage du Dieu Amour.
Le Père, l’Esprit Saint, Le Fils
Fort de cette révélation à son égard, Jésus enchaine en disant : « Et moi je te dis que tu es Pierre et que sur cette Pierre je bâtirais mon église, (mon assemblée) et les portes du séjour des morts ne prévaudront pas contre elle ». Simon a reçu une révélation du Père et maintenant il reçoit une autre Parole, celle de Jésus qui est celle du Fils de Dieu. Dorénavant Pierre réalise que sa vie se situe entre une révélation qui a illuminé son esprit, son être et une Parole qui le nomme, non plus, comme Simon fils de Jonas mais seulement comme Pierre. Jésus lui annonce ici qu’il va bâtir son assemblée, son église, sur lui. C’est-à-dire sur tout être humain qui sera traversé comme lui par cette Parole qui vient du Père et qui lui révèle, par l’Esprit Saint, que Jésus est le Fils de Dieu. C’est-à-dire tout être humain qui sera comme lui en mesure d’accueillir cette Parole de Jésus lui disant que Dieu est Son Père. Toute assemblée chrétienne s’origine et s’édifie donc entre le Père qui révèle son Fils et le Fils qui révèle Son Père. Notre Eglise, notre assemblée s’édifie par l’Esprit Saint qui ouvre nos oreilles à la Parole du Père et du Fils. Si nous sommes ici les uns et les autres, si nous sommes église, si nous sommes une assemblée rassemblée, c’est tout simplement, et d’une façon totalement mystérieuse, parce que le Père nous a révélé par l’Esprit Saint que Jésus est le Fils de Dieu et que le Fils de Dieu qui est en chacun de nous, nous révèle par l’Esprit Saint Son Père qui es aux cieux, qui est donc aussi notre Père. Des profondeurs de notre être jaillit donc la Vie, celle du Père qui va à la rencontre de Celui qui est l’Amour, qui est l’expression même de Son être, Jésus le Fils unique de Dieu tout cela dans la douceur de l’Esprit Saint.
Les clefs du royaume des cieux nous sont données
Puis Jésus continue en disant à Pierre : « Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux et ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux. Et ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux. » Jésus s’adresse ici à Pierre donc à l’Eglise, c’est-à-dire à chaque assemblée chrétienne locale qui se réunit en Son Nom, donc à nous tous. Jésus s’adresse à celui qui a été illuminé par la Parole du Père, comme nous tous, et il est maintenant investi d’un ministère un peu particulier, comme nous tous, puisque nous sommes l’Eglise, une assemblée qui se réunie dimanche après dimanche au nom de Jésus le Christ, le Fils de l’homme et le Fils de Dieu. Nous sommes tous à égalité devant Dieu notre Père. Nous avons reçu des dons différents pour que notre assemblée rayonne de cet Amour donné qui vit déjà en chacun de nous et n’attend que notre oui pour s’épanouir par l’Esprit Saint dans nos vies. Notre ministère commun est donc de lier et de délier. Pour réaliser ce ministère nous avons reçus les clefs du royaume des cieux. Avant d’aller plus loin sur cette notion de lier et de délier nous devons nous interroger sur Celui qui nous donne les clefs. Celui qui nous donne les clefs du royaume des cieux c’est donc le Seigneur Jésus. Celui qui a pris notre péché et l’a laissé dans la mort. Celui qui a vaincu la mort et qui siège à la droite de Dieu. Celui qui a autorité sur la vie comme sur la mort et qui Vient. C’est pour cette seule raison que « les portes du séjour des morts ne prévaudront pas sur toute assemblée qui confesse Jésus Seigneur ». Celui qui nous donne les clefs c’est donc le crucifié/réveillé de la mort. C’est Lui le vainqueur en qui nous sommes et par qui nous vivons. Il attend donc de chacun de nous que nous marchions derrière Lui, car il nous précède en Galilée. La Galilée, symboliquement, c’est le lieu où Dieu nous a placé, envoyé. Il marche devant nous. Et comme il marche devant nous, nous nous inscrivons pleinement dans ce ministère de l’Amour, de la grâce surabondante. C’est en cela que nous sommes membres de Son corps. Les clefs du royaume des cieux sont donc données à Pierre qui symbolise toutes nos assemblées locales. Les clefs du royaume des cieux ne sont pas dans les mains des institutions religieuses qu’elles soient juives ou chrétiennes. Car celles-ci, à travers l’histoire, ont, pour les unes, encouragées la crucifixion et le meurtre du messie, et, pour les autres, elles ont allégrement tuées et assassinées au nom de Jésus Christ celles et ceux qui n’obéissaient pas à l’institution qui régnait alors sans partage. Les clefs du royaume des cieux sont donc encore aujourd’hui dans les mains de Pierre donc entre nos mains. Les mains de toute assemblée locale qui vit dans l’écoute de ce que le Père révèle : Jésus est vraiment Fils de l’Homme et Fils de Dieu, c’est-à-dire de toute assemblée locale qui a foi en cette Parole de Jésus qui dit clairement que Dieu est Son Père. Pierre est donc celui qui a eu la révélation que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu et nous avec lui. Pierre a entendu de la bouche de Jésus que Dieu est Son Père et nous l’entendons aussi. Toute assemblée qui se réunie au Nom du Seigneur Jésus possède donc les clefs du royaume des cieux qui s’est approché. C’est une belle marque de confiance que nous avons tous reçu de la part du Seigneur Jésus.
Nous avons un beau ministère
Nous avons donc la responsabilité de lier et de délier mais cela n’est pas réservé à une institution nationale ou mondiale ou à un quelconque corps constitué par les humains. Cela est offert à chaque assemblée qui se réunie au Nom du Seigneur Jésus. Ceci dit, quelle réalité mettre derrière ces deux verbes : lier et délier ? Tout ce que nous lierons sur la terre sera lié dans les cieux et tout ce que nous délierons sur la terre sera délier dans les cieux. Ces deux verbes doit-on les comprendre comme étant en opposition l’un à l’autre ? Doit-on les interpréter d’une manière essentiellement « positive ». Il me semble que nous devons seulement observer la vie de Celui qui donne les clefs du royaume des cieux pour bien comprendre cette Parole du Seigneur Jésus. Si nous observons le ministère de Jésus notre Seigneur. Sa Passion annonce qu’il nous délie du péché, de la mort et de la loi. Le don du Saint Esprit qui nous est offert nous délie du vivre selon « la chair et le sang ». Son ministère nous révèle qu’il nous délie de la maladie, de toutes sortes de possessions qui nous emprisonne dans notre intériorité. Mais Il nous lie aussi à Lui, à Son Amour, à L’Esprit Saint qui nous conduit, au Père de qui toutes choses viennent. Il nous lie à Sa Présence et nous nourrit de Son être, de Son Amour chaque fois que nous prenons la cène. Il nous lie à nos semblables qu’ils soient aimables ou ennemis par Son seul Amour. Il nous lie à la Création, nous qui sommes nouvelles créatures en Lui et témoins de Son œuvre, de Sa grâce, de Sa vie. Quel beau ministère avons-nous, n’est-ce pas? Amen.