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Vendredi Saint – méditations musicales
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vendredi saint le 3 avril
Il est seul
Musique : Taizé Ubi caritas (15)
Parole d’accueil et Prière d’illumination
Sœurs et frères en Christ, ce soir nous allons vivre une soirée méditative et paisible. Nous écouterons des récits que nous avons l’habitude d’entendre et de lire. Nous suivrons pas à pas les paroles de Celui en qui nous avons placé notre foi. Nous le contemplerons et en le contemplant il éveillera en nous, peut-être, des questions, mais aussi une adoration profonde pour ce qu’Il est, ce qu’Il veut et ce qu’Il réalise pour chacun de nous et en chacun de nous. Que l’Esprit du Christ Jésus nous accompagne dans les profondeurs de notre être afin que nous puissions découvrir grâce à Lui par la seule foi en son Nom, la Présence de notre Père, de Celui qui est Amour et qui règne déjà par le Saint Esprit au milieu de nous. Amen
Chant : Taizé tui amoris ignem (14)
Lecture Daniel : Gethsémané Marc 14 32 à 42 (levez vous, allons, celui qui me livre s’approche…)
Jésus prie avec sa « garde » rapprochée, ses proches disciples (Pierre, Jacques et Jean) puis il se tourne pour prier face à son Père, puis il se retourne : ils dorment tous. Jésus est seul devant le Père, les disciples n’arrivent plus à le suivre.
Il a prié pour que cette coupe de la colère passe loin de lui. Aucune réponse. Sinon le silence de Dieu lui-même. Tu sais, ce silence qui te place face à toi-même, face à ton vide, face à ta réalité d’homme, de femme, face à ton souffle ténu. Aucune réponse, aucune Parole ? Si ce n’est celle de Jésus lui-même « non pas ce que je veux mais ce que tu veux »
Il est seul. Il ne pouvait qu’être seul, car lui seul est à même d’affronter, d’assumer cette réalité mystérieuse d’une humanité séparée de Dieu. D’une humanité que Dieu veut réconcilier avec Lui-même par son Fils unique. Il est seul, il ne pouvait qu’être seul. Et nous ne pouvons que contempler la solitude de cet homme, et nous sommes à l’écart comme Pierre Jacques et Jean. Resterons-nous éveillés ?
Musique : : Gethsemani (chanté par les musiciens)
Lecture Daniel : L’arrestation de Jésus Marc 43 à 52 (Mais il lâcha le drap et s’enfuit tout nu)
On est souvent trahi par ceux qui nous sont les plus proches, par ceux que l’on a choisi, a qui l’on a donné de grandes responsabilités. Pourquoi Judas l’a-t-il trahi ? Judas, peut être pensait il en lui-même ceci : « Pour être Calife à la place du Calife il n’y a qu’une solution, faire disparaître le Calife. » Ou alors estimait-il :« Jésus, ne sert plus la juste cause d’une révolte plus frontale avec l’occupant romain ? La fin donc justifie les moyens. Dès que ce rabbi aura disparu ceux qui le suivent, en réaction, vont se révolter et ils combattront l’occupant Romain avec moi et mes amis. » Fait-il un Calcul politique ?
« Judas, comme nous te ressemblons au plus intime de nous même. Tu nous permets de découvrir en chacun de nous ce côté calculateur. Ton esprit manipulateur a été mis en pleine lumière par le Maitre. Sommes-nous si différent de toi ? Ton maitre comme le nôtre nous regarde toujours avec Amour. »
Chant : Taizé Jésus le Christ (9)
Lecture Daniel : Jésus devant le sanhédrin et Pilate Marc 53 à 72 (alors il se mit à pleurer)
Imaginons qu’un pasteur soit condamné par son Eglise pour blasphème, hérésie, et que le pouvoir judiciaire, politique et militaire le condamne pour tentative d’un coup d’état et haute trahison.
Il y a un avant et un après ces condamnations. Il y a ce que l’on pensait de cet individu avant la condamnation et ce que l’on pense de lui après la condamnation. Jésus avant d’être condamné était reconnu pour le bien qu’il procurait. Mais certaines personnes dans la population suite à son arrestation ont dû penser ceci : « Si les autorités religieuses et politiques le condamnent c’est qu’il doit y avoir une bonne raison. Et que nous, le bon peuple, nous ne sommes pas au courant de tout, après tout. Et puis, il n’y a pas de fumée sans feu. Et, finalement, il ne doit pas être si propre que cela sur tous les points cet individu. En tous cas, pas comme le laisse sous-entendre ses disciples. Ils sont trop sous le charme de sa parole ».
La foule est versatile. Un jour on adule un individu, le lendemain on le lynche.
Ici, c’est la connivence des pouvoirs en place qui nous est décrite. Les pouvoirs religieux, politiques, militaires et populaires, pour des raisons différentes, trouvent en Jésus le parfait bouc émissaire qui apaisera la colère de tous.
Jésus se retrouve une fois de plus, tout seul, et aucune institution, aussi respectable soit-elle, ne lève le petit doigt pour stopper la machine infernale de l’accusation, de la condamnation et du châtiment. Aucune association comme Greenpeace, ou droit d’asile n’élève la voix, silence radio. Celui-ci doit y passer.
C’est donc tout le corps social qui fait de Jésus un bouc émissaire parfait. En plus, chose étonnante, Jésus ne se rebelle pas, il ne clame pas haut et fort son innocence, et, comble de malchance pour Lui, tous ceux qui le suivaient l’on abandonné. Et nous ? Où nous situons-nous dans ce procès que subit Jésus ?
Lecture du Psaume 22 V 1 à 22 b Daniel
Introduction du Psaume : Le psalmiste ici parle de cet être humain abandonné de tous. De Celui qui est la Parole faite chair donc du Seigneur Jésus.
Musique : JEM 728 Au dessus de tout (chanté par les musiciens)
Et même le disciple le plus sanguin et le plus fidèle, Pierre ne reconnaît même plus son Jésus. Les pouvoirs en place peuvent donc faire mourir cet homme pour l’exemple et permettre ainsi à la paix civile de revenir. Mort pour l’exemple avec tant d’autres. Pilates et certains religieux de l’époque pensaient peut-être ceci : « A bon entendeur salut ! Salut à tous ceux, qui de prés ou de loin politiquement, syndicalement, religieusement, militairement veulent remettre en question le pouvoir établi. Qu’ils y réfléchissent à deux fois. »
Nous recevons en pleine figure cette puissance du corps social, qui par la pression qu’il génère et la crainte qu’il peut nous inspirer à nous et à nos proches, nous entraîne du côté des puissants, des juges et nous pousse à acquiescer, à confirmer leurs jugements. Le reniement de Pierre n’est que la mise en lumière d’un regard social dont nous sommes les uns et les autres parfois les esclaves. « Pierre nous révèle nos chaînes invisibles. Sa faiblesse humaine est riche d’enseignement. Lui qui clamait haut et fort que jamais, o grand jamais il n’abandonnerait Jésus, le voila entrain de le renier face à la pression sociale et il pleure amèrement sur lui-même et nous peut être avec lui ? ». Qu’elle drôle d’humanité ce Jésus est-il venu donc sauver ?
Une humanité volage, impressionnable, changeante. Une humanité qui veut du sang et une justice violente ?
Résultat des courses, Jésus est toujours seul mais cette fois ci c’est face à l’humanité, face à nous tous, face à toi, face à moi. Il ne dit toujours rien, il nous regarde, il plonge son regard en nous et visite les racines de notre existence qui sont enfouies dans une terre sans vie et sans sève, Son Amour pour nous va jusque là dans les profondeurs de notre intériorité dépourvue de vie. Il va là ou nous n’osons plus aller.
Chant : : Taizé : Dans nos obscurités (1)
Lecture Daniel : La crucifixion : Marc 15 v 1 à 32 (ceux qui étaient crucifiés avec lui l’insultaient aussi)
Jésus a perdu toute initiative depuis sont arrestation. Il est ballotté, moqué, meurtri. Il perd ses vêtements. Sa dignité d’homme est bafouée, le voilà nu comme le premier être humain dans le jardin d’Eden. Toujours seul face aux soldats, aux religieux, aux politiques, à la foule, aux crucifiés comme Lui.
« Sauve-toi, toi-même et descend de ta croix. » lui dit-on ! L’humiliation qu’il subit est totale. Pourquoi nous n’arrivons pas à stopper cette force en nous qui nous entraine vers le néant et qui nous aveugle au point que nous croyons qu’en humiliant un humain nous lui sommes supérieurs ? Alors qu’en accomplissant cet acte nous nous déshumanisons ? Pourquoi nos paroles blessantes, nos actes vils, notre moquerie et même notre désir de meurtre sont-ils mis en valeur, en pleine lumière par l’Evangéliste Marc qui nous décrit le Christ en croix ?
Ce que l’on voit c’est un homme passif qui attire à Lui le mensonge, toute la violence, la méchanceté, le désir de mort qui est tapi dans le cœur de notre humanité, le mal tout simplement. Ce que l’on ne voit pas, que l’on ne veut pas voir, c’est que cette réalité règne déjà en chacun de nous, malgré nous, au plus profond de notre inconscient.
Chant : Taizé per crucem
« Sauve-toi, toi-même et descend de ta croix. » lui dit-on !
Et si cette crucifixion de Jésus, le choisi du Père avait pour seul objectif de nous révéler les entrailles profondes de notre humanité ? Serait-ce notre rebellions à la Parole de Dieu que l’évangéliste ici met en lumière ? Serait-ce notre véritable image celle qui refuse toute communion avec la Parole de vie, celle qui ne veut exister que par elle-même ? Celle qui veut se séparer de la Parole de Vie ?
Jésus est seul sur une croix et nous sommes une ribambelle face à Lui. Et nous voyons jaillir du tréfonds de notre être, l’infidélité de la femme, celle du jardin d’Eden, et la désobéissance de l’Adam se jeter sur Lui dans une rare violence. Nous voyons aussi la convoitise d’Eve qui osa affirmer qu’elle avait engendré un être humain avec l’aide de l’Eternel. Nous voyons le meurtre de Caïn se jeter sur Lui tout aussi violement. Il est seul sur cette croix et il assume notre infidélité, notre désobéissance, nos convoitises, nos désirs de meurtres. Il se fait péché. Il est maintenant seul face à toi, face à moi, face à nous. Il prend sur Lui ce qui te sépare de Lui, ce qui t’éloigne du prochain, ce qui te désespère de toi-même. Accepteras-tu de le lui donner afin qu’Il en meure et toi avec Lui. Accepteras-tu d’être libéré par Lui et Lui seul ?
Chant : Taizé : In manus tuas Pater (30)
La crucifixion. Lecture Daniel ? : Marc 15 v 33 à 39 (cet homme était vraiment le fils de Dieu)
On comprend qu’il y ait eu à ce moment là des ténèbres sur la terre.
Vous vous rendez compte ce que le Christ est vraiment venu chercher dans ce monde dans lequel nous vivons ? Il est venu chercher et prendre sur Lui les chaines d’esclavages qui nous enserrent telles que la violence, le mal, l’infidélité, la désobéissance, la convoitise, le meurtre, la méchanceté. Et la conséquence de ce péché et de ces péchés c’est la mort. Cette mort qui nous effraie. Cette mort qui nous pousse à laisser une trace, un nom, une œuvre, une descendance sur cette terre. Voilà ce qu’il est venu prendre sur Lui, en Lui. Et en prenant cela Il est venu aussi nous revêtir de son Amour pour nous arracher à l’esclavage du péché. Il est venu l’engloutir dans Sa mort en mourant Lui-même puisqu’il s’est fait péché. Il est seul sur cette croix pour accomplir cette œuvre. Avant de mourir Il cri de tout Son être. Il cri ce cri de solitude qui habite la profondeur de notre humanité : « Mon Dieu Mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné ». Il cri notre profonde solitude car le péché nous a tellement éloigné de Dieu que nous nous pensons abandonnés de Lui. Le Christ nous rejoint au plus profond de notre désespoir. Il cri notre cri. Seul le Christ peut crier notre cri, seul Lui peut assumer ce que nous sommes dans notre humanité. Seul Lui peut nous entrainer dans sa propre mort pour mourir avec Lui.
Seul le Christ peut déchirer le voile du temple par son cri pour indiquer qu’une Nouvelle Alliance allait ouvrir le jour, pour proclamer que par Sa vie dorénavant notre communion avec Dieu notre Père n’aurait pas de fin, pour nous annoncer, par son cri, que le Saint Esprit, Son souffle d’Amour, Sa Présence réelle et insaisissable est offerte gratuitement à cette humanité qu’il a revêtu par Sa seule grâce. Nous ne sommes pas seul. Le Christ nous a revêtu. Je ne suis plus seul. Tu n’es plus seul. Tu es en Christ Jésus, tu vis devant le Père, tu marches selon le Saint Esprit. Tu peux t’adresser à Lui en toute paix et toute confiance.
Prions :
Seigneur,
Nous te présentons notre monde.
Vois ses lâchetés et ses silences.
Entend ses plaintes et ses cris.
Reçois nos prières, toutes, mêmes celles que nous portons secrètement.
Donne-nous de faire et de n’oser non pas n’importe quoi, mais ce qui est juste.
Donne-nous de dire et de témoigner non pas par bravoure
Ou par obligation, mais en ton nom,
Accrochés à toi, à ton OUI à la vie, à ton NON à la mort, adossés à ta seule Parole.
Jour après jour, dès le matin avant que le soleil se lève, apprends-nous à vivre de ta liberté,
Une liberté qui ne fait pas de nous des pantins de bois ou des petits dieux prétentieux.
Mais des hommes et des femmes responsables.
Chaque jour, que ton OUI vienne nous ouvrir à la vie et à l’espérance.
Chaque jour, que ton NON vienne nous délivrer de nos chaînes et de nos aveuglements.
Amen
Chant Taizé Senor que florezca tu justicia (154)
Le tombeau et les femmes Marc 15 v 42 à 47 (Marie Madelaine et Marie mère de Jacques, regardaient où on le mettait.)
Il est mort. Il lui faut une sépulture descente. Paradoxe. On fait plus cas d’un mort que de la condamnation d’un innocent. Un homme du nom de Joseph vient quémander le corps de Jésus, puis il s’occupe lui-même de l’ensevelissement du corps. Beaucoup de silence. Ce qui est étonnant c’est le nom de cet homme Joseph. Comme si Jésus avait été adopté deux fois : Premièrement par un père qui accueille Sa venue lors de Sa naissance miraculeuse. Ce même Joseph emmène toute la famille en Egypte pour la protéger des foudres d’Hérode. Deuxièmement, par un autre père qui offre une sépulture décente à cet homme si particulier et qui a subi les foudres de Pilate. Les femmes veillent et observent où le corps de cet humain sera placé pour pouvoir l’embaumer selon la tradition de l’époque. Ce corps d’homme n’est plus seul un court instant : un homme et quelques femmes l’on rejoint. Puis ce corps entre dans le silence de la mort. Le temps n’existe plus, la vie n’est plus. Il va rester trois jours dans ce tombeau. Pourquoi seulement trois Jours ?
Were you there ?
Demain, samedi avant que le soleil se lève nous relirons chez nous, peut-être, ces quelques versets de l’Evangile selon Marc et nous méditerons sur le fait que le Christ est resté dans la mort seulement trois jours. Pourquoi seulement trois jours ?
Envoi et bénédiction
Que la paix du Christ continue de vous habiter, qu’elle illumine votre visage et que le monde découvre votre espérance.
Musique : Taizé Jesus remember me (37)